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Ciel Voilé

Que deviendrions-nous si nous perdions notre ciel ?

30 Mai 2015, 18:31pm

D'Anna North pour le New-York Times - Le 20 février 2015 - Traduction Ciel voilé

http://op-talk.blogs.nytimes.com/2015/02/20/what-if-we-lost-the-sky/?_r=2

[Avertissement : Voici un exemple d’article, d’un journal grand public, destiné à la diffusion du « discours officiel » sur l’acceptation sociale de la géo-ingénierie ( fin du texte : interview d’Alan Robock, qui comme Ken Caldeira, David Keith ou Clive Hamilton sont en charge de la propagande officielle sur la géo-ingénierie) . La marge de liberté de la journaliste pour présenter d’autres points de vue ( les plus intéressants) reste limitée.]

Cela ressemble fort à une question philosophique, mais cela pourrait devenir très concret. Un rapport diffusé la semaine dernière par le Conseil National de la Recherche lance un appel pour étudier comment inverser le changement climatique par un procédé appelé « la modification de l’albédo » : réfléchir la lumière solaire loin de la terre, par exemple en pulvérisant des aérosols dans l’atmosphère. Un tel procédé, disent certains, pourrait changer l’apparence du ciel, ce qui pourrait affecter tout, de notre santé physique à la manière dont nous nous percevons nous-mêmes.

Si la modification de l’albédo était maintenant mise en œuvre, a expliqué Alan Robock, professeur de sciences de l’environnement à l’Université Rutgers, au journaliste du Washington Post*, Joel Achenbach : « Vous auriez un ciel plus blanc, vous n’auriez plus de ciel bleu. ». Et il ajoute : « Les astronomes ne seraient pas contents parce que le ciel serait couvert en permanence. Dorénavant, cela deviendrait difficile de voir la Voie Lactée ».

La disparition du ciel de nuit aurait des conséquences importantes, déclare Dacher Keltner, professeur de psychologie à Berkeley, Université de Californie. Son récent travail s’intéresse aux effets sur la santé de l’émerveillement comme émotion. Dans une étude publiée en janvier dans le journal Emotion, lui et son équipe ont découvert que les personnes qui font l’expérience d’un grand émerveillement, ont des niveaux plus bas d’un marqueur d’inflammation lié à des douleurs physiques et mentales. L’une des plus importantes sources d’émerveillement est le monde naturel. « Quand vous allez dehors, et que vous marchez dans un beau lieu, vous ne vous sentez pas seulement soulevé mais plus fort, » dit le docteur Keltner, « il existe clairement une base neurophysiologique à cela ».

Et il ajoute que regarder un ciel étoilé procure « une émotion d’émerveillement typique », une opportunité de sentir que « vous êtes une petite et humble partie de quelque chose de plus vaste ».

« La recherche sur les effets de l’émerveillement, dit-il, laisse supposer que sans un ciel étoilé, les enfants deviendraient moins imaginatifs, se montreraient davantage suffisants et moins gentils les uns envers les autres, et cela pourrait être coûteux en termes de santé ».

Si nous perdions le ciel étoilé, « Nous perdrions quelque chose de précieux et de sacré ».

Il estime que le blanchiment du ciel diurne pourrait aboutir à « la même perte du sens de ce qui est vaste », le sens est « l'une des choses les plus importantes que les gens construisent dans leur vie », suggèrent les recherches de son équipe.


Paul K. Piff, professeur de psychologie et de comportement social à l'Université de Californie, Irvine, dit que quand il a étudié l’émerveillement chez les Himbas en Namibie, « le ciel de nuit était un des marqueurs très évidents » de l'émotion. Le ciel « a ce rôle vraiment important, évidemment, de toutes sortes de façons différentes et historiques pour le développement de l'humanité et de la conscience humaine, mais il a aussi cette caractéristique commune, que peu importe où vous êtes et d'où vous venez, il semble apporter cette expérience vraiment, vraiment incroyable de transformation ».


« Nous constatons dans notre laboratoire que l'expérience de l’émerveillement nous permet de nous sentir connecté à quelque chose de plus grand que nous- même, de voir l'humanité dans d'autres êtres humains », a t-il expliqué. « À bien des égards, c’est une sorte d'antidote au narcissisme ». Et le ciel est l'une des rares sources de cette expérience, disponible pour presque tout le monde : « Tout le monde n’a pas accès à l'océan ou aux arbres géants, ou au Grand Canyon, mais certainement tous vivent sous le ciel étoilé ».


« Chacun d’entre nous lève les yeux au ciel et se demande quelle est sa place dans l'univers », a t-il dit, « donc effacer les étoiles serait nous priver de cette expérience grandiose, chérie et extrêmement convaincante de transformation, que nous partageons tous ».


« Nous étions beaucoup plus reliés au ciel », a déclaré l'artiste Ken Murphy. « Il était là au-dessus du feu de camp, ou bien on le regardait avant d'aller au lit, maintenant nos vies ont radicalement changé, et je pense que c’est une perte à coup sûr ».


Pour son projet «Une histoire du ciel », il a installé un appareil-photo pour photographier le ciel de San Francisco toutes les 10 secondes, pendant un an. Il a ensuite monté un film en accéléré pour chaque journée et a disposé tous ces films sur une grille, créant une sorte de journal vidéo du ciel de la ville :


« Pendant que je tournais, j’étais très à l'écoute de ce qui se passait dans le ciel », a t-il dit. « C’est très parlant de suivre ce qu’il se passe au-dessus de nos têtes ». Pendant de longues randonnées pédestres, son attention s’est tournée souvent vers le ciel : « Ce drame qui se déroule tous les soirs permet vraiment de voir comment dans l'histoire, ont émergé les mythes élaborés autour de ce qu’il se passe dans le ciel. Cela a dû beaucoup occuper la conscience des gens, avant que toutes ces autres distractions ne nous absorbent ».

« C’est une pensée terriblement troublante pour moi que de l’imaginer en permanence obscurci, d’une façon ou d’une autre », a- t-il déclaré.


Pour Jennifer Wu, photographe et co-auteur du livre « Photographie: Ciel de nuit », le ciel étoilé est « une des choses dont les gens pourront toujours profiter, j’espère ». « Quand nous sortons la nuit et que nous voyons les étoiles, un lien se tisse » dit-elle. « Nous nous sentons créatifs et ressourcés. Etre à l'extérieur la nuit et regarder les étoiles nous procure une sensation de fraîcheur ».


Si quelque chose s’interposait entre nous et les étoiles, dit-elle, « Nous ne pourrions plus les photographier autant ». C’est déjà un problème pour les citadins, selon elle - en raison de la pollution lumineuse, beaucoup d’habitants des zones urbaines ne peuvent plus voir ni photographier les étoiles.


« J’aime admirer la Voie Lactée » a-t-elle ajouté. « Sortir de nuit et voir cette superbe et incroyable bande de lumière au-dessus de nos têtes, est tout simplement magnifique, et ce serait dommage de ne plus la voir, nous perdrions le sentiment d’être un de ces petits points de lumière parmi tant d’autres ».


L’obscurcissement du ciel nocturne rendrait également difficile l’étude des étoiles par les astronomes. « La technologie du télescope vient d'atteindre un stade », a déclaré Steven Flandre, le responsable des relations publiques de l'Observatoire Palomar à Caltech, « où les systèmes correcteurs sur ces télescopes sont maintenant de plus en plus capables de compenser le flou de l'atmosphère terrestre. Au moins aux longueurs d'ondes visibles, on n'a pas besoin d'aller dans l'espace comme on l’a fait avec le télescope spatial Hubble, parce qu’on peut faire aussi bien ou mieux avec la technologie de correction. Tous ces progrès deviendraient inutiles si nous perdions l'accès au ciel de nuit ».


Un domaine qui pourrait en pâtir, dit-il, serait celui de la recherche de planètes dans d'autres systèmes solaires. Et cette recherche joue un grand rôle, elle maintient l’intérêt du public pour l'astronomie : Quand nous parlons de planètes, a t-il expliqué, « nous parlons de la recherche de vie ».


Quant à connaître l’incidence sur l’humanité d’une perte dans la recherche astronomique, a t-il dit, « Au niveau pratique, je ne pense pas que nous perdions quoique ce soit. Mais à un autre niveau, nous perdrions la curiosité qui rend notre société vivante et en mouvement ».


« La recherche de vie est terriblement excitante, et on peut dire que la société, toute société, a besoin de ce genre de stimulus, sous diverses formes ».


Nous ne savons pas clairement, disent certains chercheurs, à quel point les aérosols modifieraient l'apparence du ciel. « C’est interposer des choses entre nous et la lumière », a déclaré Waleed Abdalati, professeur de géographie à l'Université du Colorado, Boulder, et l'un des auteurs du rapport. Quand vous parlez de diminuer la lumière nocturne telle celle des étoiles, il est certes possible et même probable qu'elle semblera plus faible ». « Ainsi, les aérosols pourraient blanchir le ciel pendant la journée. Quels en seront les effets visibles ? Cela dépendra de la quantité de matériau déversé dans l'atmosphère - et nous ne savons pas encore combien nous voudrions en déverser, parce que nous ne connaissons pas encore ce que les autres effets secondaires pourraient être ».


Ben Kravitz, chercheur post-doctorant au Laboratoire National du Pacifique Nord-Ouest, qui a étudié la possibilité de modification de l'albédo par les aérosols, a déclaré dans un courriel que, selon les modèles actuels, l'effet blanchissant de l'injection d'aérosols « serait semblable au ciel blanc souvent vu dans les grandes villes ou dans les zones polluées par l’industrie. « Quant à la lumière des étoiles, a-t-il dit, « je ne connais pas d'étude montrant que les aérosols risquent de masquer les étoiles. Cela semble un problème de recherche intéressant ».


Alan Robock, professeur de sciences de l'environnement, a mentionné un possible effet inverse dans une interview: « Vous obtiendrez ces magnifiques couchers de soleil rouges et jaunes », comme « les couleurs jaunes et rouges se reflètent sur le fond de ce nuage ».


Il recommande davantage de recherches sur la modification de l’albédo: « Si jamais, certains étaient tentés de le faire, je veux qu'ils soient bien informés des avantages et des risques potentiels pour prendre une décision éclairée ».


Pour comprendre en partie ces risques et ces avantages, on peut évaluer les impacts émotionnels d’un changement rapide de l’apparence du ciel. Selon le Dr Abdalati « Selon moi, ils sont énormes ».


« Je pense que leur ampleur diminuera avec le temps, en devenant la norme. Mais pour la génération qui prend la décision d'entreprendre quelque chose comme ça, de le déployer, selon moi, les implications seraient profondes ».


Pourtant, il estime qu’il nous incombe d’explorer toutes les options disponibles, même si elles ne sont jamais déployées. Cela signifie d’abord, ne pas aggraver le changement climatique, explorer toutes les façons d'éliminer le dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère - et comprendre les implications de la dispersion d’aérosols dans l'atmosphère, même si nous ne le faisons pas. « Quelque chose comme le déploiement de la modification de l'albédo est une « solution » de la dernière chance », a t-il expliqué. « Je pense qu'elle doit être évitée à tout prix, mais on doit la connaître ». Et, a t-il dit, « Nous avons provoqué un désordre climatique. Le fait que nous parlions de ces choses le révèle ».


Pour le Dr Keltner, le ciel est une source d’émerveillement. Pour Mme Wu, il est une source de créativité. Et si un jour il devient blanc, il sera le rappel de quelque chose d'autre: le rappel que l'humanité a dépassé les bornes.

* Le Washington Post organe de propagande de Monsanto :

http://www.naturalnews.com/049887_Washington_Post_Monsanto_propaganda_quack_science.html

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soleil 18/06/2015 07:54

http://www.politique-actu.com/osons/journalistes-occidentaux-controle-tout-ulfkotte-frankfurter-allgemeine-zeitung/1170186/

soleil 18/06/2015 07:53

Mais le ciel EST blanc même hors des villes depuis déjà plus de dix ans !...ah les pseudos journalistes à la solde des lobbies et des agences de renseignement, quelle plaie, quelle pitié !...

Voir les révélations fracassantes d’un ancien rédacteur en chef allemand sur ses liens et ceux de la plupart des journalistes occidentaux avec la CIA : Udo Ulfkotte