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Ciel Voilé

La 5G revue et corrigée par France-Info

17 Juillet 2020, 13:24pm

La 5G revue et corrigée par France-Info

On a passé au crible les affirmations d'Extinction Rebellion et Zéro Déchet sur les conséquences de la 5G

Les opposants à la 5G avancent de nombreux arguments contre cette téléphonie mobile de cinquième génération, mais tous ne sont pas exacts. (BAPTISTE BOYER / FRANCEINFO)

Par Benoît Zagdoun, Linh-Lan Dao – France Télévisions

Mis à jour le 17/07/2020 | 13:39 – publié le 17/07/2020 | 07:01

Les antennes strasbourgeoises des deux associations ont signé une infographie critique à l'égard de la 5G. Elles l'ont dépubliée après avoir constaté qu'elle contenait des erreurs et des approximations. Mais celle-ci a continué de circuler sur les réseaux sociaux.

Elles voulaient dévoiler "la face cachée" de la 5G. Les antennes strasbourgeoises des associations Zéro Déchet et Extinction Rebellion ont réalisé, fin juin, une infographie listant une série d'arguments contre le déploiement de la téléphonie mobile de cinquième génération. Ce visuel comporte toutefois des erreurs et approximations.


 

"Il n'y avait aucune volonté de désinformer", se défend, contrit, Simon Baumert, cofondateur de Zéro Déchet Strasbourg, qui promet de "mettre en place un processus de vérification interne", afin de s'assurer de l'exactitude du travail fourni par les bénévoles. "Nous tenons à être fiables et à pouvoir appuyer ce que nous avançons sur des sources rigoureuses", abonde Extinction Rebellion Strasbourg, qui confirme "la création d'une équipe spécifique chargée du recoupement des sources". Les associations ont supprimé l'image, mais elle a continué de circuler sur les réseaux sociaux. Franceinfo démêle le vrai du faux.

"Une antenne toutes les dix à douze maisons" : exagéré

En France, la 5G va être lancée sur la bande de fréquences des 3,5 GHz (entre  3,4 et 3,8 GHz), qui permet d'obtenir un débit plus élevé que celles des 700 MHz à 2,6 GHz servant aujourd'hui pour la 4G. Or, "plus on monte en fréquence plus la portée diminue", explique Hugues Ferrebœuf, directeur du Shift Project, un groupe de réflexion sur la transition énergétique. Les antennes 5G ont une portée plus courte que les antennes 4G. Logiquement, "on va devoir ajouter des équipements pour avoir une couverture équivalente." 

Le cabinet Tactis, qui conseille des collectivités dans l'aménagement numérique de leur territoire, anticipe donc la nécessité d'une "densification massive des réseaux". Selon ses estimations, il faudra construire deux à trois fois plus de pylônes pour atteindre une couverture similaire en zone rurale. En zone péri-urbaine, il sera nécessaire d'implanter 30% de sites supplémentaires. 

En plus de cette bande des 3,5 GHz, les opérateurs comptent dans un second temps utiliser une deuxième bande de fréquences, celle des 26 GHz, afin de proposer un très haut débit. Or, "ces ondes pénètrent très mal les parois vitrées, pointe Gauthier Roussilhe, designer et chercheur, qui étudie l'impact environnemental du numérique. Un obstacle de taille en ville. "Selon les sources, le nombre d'antennes pourrait être multiplié par quatre ou vingt, en zone urbaine dense", explique l'expert. Il faudra donc "des centaines voire des milliers d'antennes". Hugues Ferrebœuf juge cependant "très pessimiste" cette hypothèse d'une antenne tous les 50 à 100 mètres. "Parfois, ce sera tous les 100 mètres, parfois tous les 300 mètres", envisage pour sa part Gauthier Roussilhe. 

D'où vient cette fourchette d'une antenne toutes les dix à douze maisons ? Des Etats-Unis, répond Gilles Brégant, directeur général de l'Agence nationale des fréquences (ANFR). "Outre-Atlantique, la bande des 3,5 GHz était encombrée, notamment par des services de sécurité difficiles à déblayer. Pour aller plus vite, les Américains ont attaqué directement par la bande du haut. Chez eux, ça a été la 28 GHz", résume-t-il. Pour déployer la 5G rapidement, "une méthode expéditive" a été employée. De petites antennes, les "small cells", ressemblant à des alarmes incendies ou des alarmes de magasin, ont proliféré. En France, "on ne va pas installer une antenne 5G toutes les dix maisons, ça n'a pas de sens", tranche le patron de l'ANFR.

 

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