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Ciel Voilé

300 scientifiques dénoncent les mesures gouvernementales disproportionnées

2 Octobre 2020, 10:38am

300 scientifiques dénoncent les mesures gouvernementales disproportionnées

Covid : dans une tribune, près de 300 scientifiques dénoncent les mesures gouvernementales "disproportionnées"


 

Dans une tribune publiée lundi sur le site de Médiapart, près de 300 scientifiques, médecins et universitaires critiquent les dernières restrictions décidées par le gouvernement contre le Covid et leurs effets "secondaires" dramatiques. Ils appellent à changer en urgence de stratégie sanitaire.

Publié le 29/09/2020 • Mis à jour le 01/10/2020

 

 

Le 10 septembre, ils étaient 35 à signer une première tribune "Nous ne voulons pas être gouvernés par la peur". Le docteur Fouché était déjà de ceux-là.

17 jours plus tard, ils sont près de 300 à clamer : " Il est urgent de changer de stratégie sanitaire face au Covid-19." 

Louis Fouché, médecin anesthésiste-réanimateur à l’Hôpital de la Conception à Marseille (AP-HM) est à nouveau en tête des signataires de cette tribune publiée par Médiapart.

Des personnalités très médiatiques comme le Pr Jean-François Toussaint, le Pr Chritian Perronne, l’épidémiologiste Laurent Toubiana ou le philosophe André Comte-Sponville, côtoient des anonymes professionnels de santé, chercheurs mais aussi universitaires.

Une quinzaine de personnalités de la région PACA co-signent ce texte comme le sociologue Raphaël Liogier, professeur à l’Institut de Sciences Politiques d’Aix-en-Provence.

Porte-parole du collectif "Soignants pour une politique sanitaire juste et proportionnée" qui regroupe 400 médecins, chercheurs et soignants et citoyens, le Dr Fouché dénonce des "mesures disproportionnées". 

On maintient la peur et c’est surtout ça qui nous gêne.

Dr Louis Fouché anesthésiste-réanimateur

Le 23 septembre dernier, le ministre de la Santé a annoncé la fermeture des bars, restaurants et salles de sport dans la métropole d'Aix-Marseille en se basant sur les données de circulation du virus. Pour le docteur Fouché, le Covid masque les "défaillances du système hospitalier".

"Oui, il y a une tension hospitalière sur le nombre de soignants, de lits, etc. explique-t-il, mais cette situation n’est pas nouvelle, c’est lié à un sous-investissement dans l’hôpital public depuis une quinzaine d’années pour favoriser le secteur privé".

"Est-ce que l’hôpital est en tension à cause du Covid ? Je dis non, ajoute-il. La réalité, c’est qu’il y a eu un mort du Covid à Marseille ce week-end (NDLR 27 sur toute la France), alors qu’il y a en moyenne 1700 morts par jour en France, 450 morts de maladies cardio-vasculaires, 430 de cancers, 110 de maladies respiratoires, 27 suicides, 11 accidents de la route. C’est très disproportionné". 

Statistiques contre statistiques

Le médecin réanimateur estime qu'"on fait peser sur l’institution hospitalière l’ensemble de ces malades, or un certain nombre de ces malades ne sont pas là forcément pour le Covid".

"Les six derniers malades de la réanimation chez moi, trois avaient un Covid positif, et étaient comptés dans les statistiques Covid positifs. Mais en fait, ils étaient malades d’autre chose, un choc septique sur une pneumonie à bacille pyocyanique, un œdème aigü du poumon, un lymphome en cours d’induction de chimiothérapie…" explique-t-il.

"On fait dire aux chiffres des choses qui ne sont pas vrais, affirme-t-il. On fait dire à ces gens positifs qu’ils sont tous malades de la maladie Covid qu’on a vue au mois de mars, ce n’est pas vrai. Et je ne peux pas croire qu’on soit la seule réa dans ce cas-là. Ça veut dire qu’il y a environ 30% au moins des patients qui ne sont pas malades de la Covid."

Pour LouisFouché, il y a une raison à cela.

C’est un chantage aux ressources.

"Quand Olivier Véran vient à Marseille, pourquoi vient-il ? En gros, il vient donner de l’argent si on continue la narration de la peur et il vient faire un espèce de chantage consistant à dire "je ne nourris l’hôpital public que si vous continuez à faire ce que je vous dis sans discuter". Et les gens s’alignent pour maintenir l’institution et continuer de soigner les gens".

Louis Fouché ne nie pas la recrudescence du nombre de cas positifs. Mais, dit-il, c'est parce qu'' on voit ce qu’on s’est interdit de voir en mars par une politique de tests qui n’étaient pas adaptée à l’époque."

La menace d'un reconfinement 

Pour le praticien, il faut arrêter l'organisation de ces dépistages massifs, et se limiter aux tests sur prescription "quand on a un doute, après avoir vu un médecin". 

On ne peut pas cantonner une maladie virale c’est une illusion.

La menace d’un reconfinement brandie par le ministre de santé est selon lui une façon de "reprendre le contrôle sur les gens par la menace". "Ça jugule toute contestation, c’est tyrannique, anti-démocratique et ça n’est pas proportionné aux risques de cette épidémie de Covid", assène-t-il.

Selon le docteur Fouché, les restrictions prises rendraient le remède pire que la maladie.

"La volonté de la cantonner actuellement, c’est de ne pas mettre en tension le système hospitalier. Et on fait peser sur la population générale des mesures extrêmement liberticides et qui divisent et qui ont plein de dommages collatéraux alors que c’est la politique de gestion du système de santé qui est défaillante."

Des effets collatéraux dévasteurs

"On est en train de casser le lien social, de le disloquer en prenant la proie pour l’ombre" s'inquiète le médecin marseillais. 

"Il faut protéger les plus fragiles et ce n’est pas par la politique sanitaire actuelle qu’on les protège, au contraire. Il faudrait d’arrêter les masques dans les écoles, d’arrêter les masques à l’extérieur, d’arrêter les tests en population générale parce que tout cela procède d’une imposture et tout le monde le sait".

L’urgence, affirme-t-il, "c’est de protéger les plus fragiles, ça veut dire donner aux gens qui ont peur, aux gens qui ont une immuno-dépression sévère , ceux qui sont hypertendus, obèses, diabétiques, ou avec des comorbidités sévères, c’est ceux-là qui font les formes graves et on les connaît. Il faut leur donner des FFP2 et qu’ils les portent et pas faussement les rassurer avec un masque chirurgical qui ne les protège pas. Et laisser le reste de l’épidémie circuler pour que l’immunité collective se fasse."

Laure Farnault, hématologue-immunologue à Marseille, partage cette analyse. Elle aussi a signé la tribune. Elle tient à préciser qu'elle exprime de son point de vue et non au nom de l'institution.

Dans son service, elle a vu les conséquences des choix faits ces derniers mois. 

"En post-confinement dans mon service d’hématologie, j’ai vu arriver des patients avec des diagnostics qu’on a jamais vus, ils sont tous bien restés confinés chez eux pendant trois mois et ils pensaient que dans le monde il n’y avait que le Covid. 

 

La suite sur FR3 PACA

 

 

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