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Ciel Voilé

ChArMEx : une traque exceptionnelle de la pollution atmosphérique en Méditerranée

1 Juillet 2013, 21:11pm

Publié par Ciel Voilé

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Communiqué de presse - Paris, le 20 juin 2013

 

Du 10 juin au 10 août 2013, le CEA et le CNRS coordonnent une grande campagne de mesures en vue d’établir l’état des lieux le plus complet de la pollution atmosphérique en Méditerranée. Ce projet international, nommé ChArMEx ( Chemistry - Aerosol Mediterranean Experiment), partie intégrante du méta-programme international interdisciplinaire MISTRALS (Mediterranean Integrated Studies at Regional and Local Scales ) vise à améliorer notre compréhension des interactions entre pollution atmosphérique et climat. Ces interactions  pourraient être à l’origine d’une aggravation des conditions météorologiques estivales chaudes et sèches dans le bassin méditerranéen, ainsi que d’une augmentation de la détérioration de la qualité de l’air.

 

La Méditerranée est un laboratoire naturel qui permet d’étudier l’effet du réchauffement climatique

et de prédire la qualité de l’air d’une grande partie de l’Europe. Plus d’une centaine de scientifiques

d’une dizaine de pays ( France, Espagne, Italie, Irlande, Allemagne, Malte, Algérie, Grèce, Chypre, Liban, Turquie, Israël, Maroc,Tunisie ) sont mobilisés dans et autour du bassin occidental pour réaliser l’inventaire le plus complet jamais réalisé des espèces chimiques présentes dans l’atmosphère, de leurs transformations au cours du transport des masses d’air, et de leurs impacts sur le climat régional.


Une vaste panoplie de moyens d'observation sera déployée en Méditerranée nord-occidentale : des avions pour réaliser des mesures aéroportées et radiosondages, des ballons dérivants, des ballons sondes, ainsi qu’un voilier fonctionnant avec une pile à hydrogène, pour ne pas polluer les relevés. En parallèle, les mesures depuis le sol seront renforcées sur huit sites en France, en Italie et en Espagne, grâce à la mise en place d'instruments de mesures atmosphériques (lidars, radiomètres, compteurs de particules, analyseurs chimiques de différentes sortes...).

 

L’une des innovations mises en œuvre dans ChArMEx, testée en 2012, est le déploiement couplé de ballons dérivants et d’avions : capables de suivre l’évolution de la concentration en ozone ou en particules, les ballons servent également de traceurs aux avions pour analyser les mêmes masses d’air à plusieurs étapes de leur transport. Ces ballons permettront pour la première fois de suivre en continu au fil de l’air l’évolution de la concentration en ozone et celle de la granulométrie des particules sur plusieurs centaines de kilomètres. Il s’agit d’un moyen particulièrement puissant de tester la formation d’ozone et la sédimentation des poussières prévues par les modèles

.

Lancé en 2010, ChArMEx a déjà fait l’objet d’une première campagne de mesures intensives en juin - juillet 2012. Celle-ci a d’ores et déjà apporté des résultats particulièrement étonnants :

 

• première surprise, la pollution en particules fines mesurée au Cap Corse, dans un lieu isolé des sources de pollution, a été plus forte que celle mesurée pendant la même période dans la banlieue parisienne;

 

• deuxième surprise, l’observation par ballon sonde au-dessus de Martigues (Provence) a révélé

de grandes quantités de particules de poussières sahariennes de diamètre compris entre 15 et 30 micromètres, considérées généralement comme étant trop lourdes pour être transportées si loin de leurs sources, et qui ne sont généralement pas prises en compte par les modèles.

  

Si de telles observations se reproduisent, cela indiquerait que les modèles sous-estiment par exemple les transferts de poussières désertiques qui contribuent à fertiliser la surface de la Méditerranée, et qu’il faut expliquer comment celles-ci restent aussi longtemps en suspension dans l’air.

 

D'une envergure sans précédent en Méditerranée nord-occidentale, la campagne de l'été 2013 permettra d'engranger un nombre considérable de données, notamment sur les zones encore peu couvertes par les précédentes campagnes de mesures. Ces résultats contribueront à affiner la représentation des processus dans les modèles climatiques et de prévision de qualité de l’air.

 

ChArMEx- France implique près de 120 scientifiques d’une vingtaine de laboratoires, ainsi que les

partenaires suivants : le CNRS, l’ADEME, le CNES, l’ANR, le CEA, Météo-France, la Collectivité

Territoriale de Corse, Qualitair Corse, la Région Paca, Airpaca, l’École des Mines de Douai, l’École

polytechnique, ainsi que les Universités de Aix-Marseille, Clermont-Ferrand, Paris Diderot, Littoral

Côte d’Opale, Joseph Fourier, Lille1 Lyon, Paris-Est-Créteil, Pierre-et-Marie-Curie, Strasbourg,

Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

 

ChArMEx s'inscrit dans le méta-programme international et interdisciplinaire MISTRALS (Mediterranean Integrated Studies at Regional And Local Scales, 2010-2020) dédié à la compréhension du fonctionnement du bassin Méditerranéen et piloté par le CNRS. MISTRALS France est soutenu par 13 organismes (CNRS, IRD, Météo-France, Ademe, BRGM, CEA, Cirad, Irstea, CNES, Ifremer, IFP, Inra, IRSN).

 

La Méditerranée, laboratoire climatique de l’Europe

 

Située à la confluence de plusieurs déversoirs naturels drainant l’air provenant des continents limitrophes (l’Europe et l’Afrique), cette région est le réceptacle de toutes sortes de pollutions :


• d’origine humaine, venant surtout du nord et se déversant dans le bassin via les grandes vallées fluviales (Rhône, Pô) ou de grands complexes industriels et urbains (Barcelone,Marseille, Gênes, Alger, Sfax);


• d’origines naturelles, venues du cœur du Sahara sous la forme de gigantesques panaches

de poussières désertiques.

 

Toutes ces pollutions convergent dans le bassin qui, cerné de toute part par des reliefs, fait office d’immense réacteur chimique. Sous l’effet du climat méditerranéen, chaud, ensoleillé et sec, cette pollution évolue : de nouvelles espèces chimiques apparaissent, tandis que d’autres se transforment, ou disparaissent. Une partie de cette pollution va acquérir une nocivité accrue, donnant lieu à la formation de l’ozone et des poussières ultrafines susceptibles de causer des troubles respiratoires et cardiovasculaires. Elle va aussi modifier le climat en provoquant plus de sécheresse encore. Le début d’un cercle vicieux qui fait peser un risque sanitaire sur la population.

 

Pour en savoir plus: http://charmex.lsce.ipsl.fr


Contact Presse : Nicolas TILLY– Tel.: 01.64.50.17.16 / mail : nicolas.tilly@cea.fr

 

Pour en savoir : http://www.mistrals-home.org/

 

 

                                                                                  

http://wwwobs.univ-bpclermont.fr/opgc/index.php

 

Nous avons participé à la pré-campagne de terrain qui s'est déroulé l'été 2012 au Cap Corse, avec l'installation au Cap Corse de mesures d'oxydes d'azote, de mesure de nanoparticules, et de mesure de l'état de mélange de l'aérosol.


Ces mesures ont pour vocation, associées à de nombreuses autres mesures, de devenir un observatoire pérenne du Cap Corse, dans le cadre de CORSICA, (« *C*entre d’*O*bservation *R*égional pour la *S*urve*i*llance du *C*limat et de l’environnement *A*tmosphérique et océanographique en Méditerranée occidentale » (http://www2.obs-mip.fr/corsica).


Observatoire Atmosphérique CORSICA


Centre d’Observation Régional pour la Surveillance du Climat et de l’environnement Atmosphérique et océanographique en Méditerranée occidentale CORSiCA « Centre d’Observation Régional pour la Surveillance du Climat et de l’environnement Atmosphérique et océanographique en Méditerranée occidentale » est un observatoire atmosphérique implanté en Corse. Il s'agit d'une plate-forme instrumentale multi sites de mesures dédiées aux études atmosphériques et océanographiques en Corse dans le cadre du « chantier Méditerranée » dénommé « MISTRALS » (Mediterranean Integrated STudies at Regional And Local Scales) et plus particulièrement dans le cadre des programmes  HyMeX et ChArMExHyMeX (Hydrological cycle in the Mediterranean Experiment) a pour objectifs d'améliorer la caractérisation et la compréhension du cycle de l'eau sur le bassin Méditerranéen ;  ChArMEx (Chemistry-Aerosol Mediterranean Experiment) a pour but de dresser le bilan actuel et futur de l’environnement chimique atmosphérique (espèces particulaires et réactives gazeuses à vie courte) du bassin méditerranéen, et de ses impacts régionaux sur le climat, la qualité de l’air, et la biogéochimie marine.


Dates :


CORSiCA est un observatoire à vocation pérenne. Il sert également de structure d'accueil pour des projets de recherche, tels que  HyMeX et ChArMEx. HyMeX et ChArMEx sont organisés en 3 périodes imbriquées. Une période d’observation longue (Long Observation Period, LOP) de 2010 à 2020, une période d’observation plus soutenue (Enhanced Observation Period, EOP) de juin 2012 à septembre 2014 et plusieurs périodes d’observations intenses (Special Observation Period, SOP).

       

 

           

Nous participons cette année aux campagnes intensives qui se déroulent sur 3 sites :
-Toujours le site de l'observatoire au Cap Corse : du 5 juin au 12 aout 2013
- Et nous équipons un des avions de recherche du CNRS, l'ATR-42 pour 2 campagnes successives :

1/ Période d'observation intensive 1 : du 5 juin au 8 juillet 2013 ; l'ATR-42 est basé à Cagliari (Sardaigne), et dans le cadre de l'ANR ADRIMED : Impact du forçage radiatif direct des aérosols sur le climat Méditerranéen., plus de 45H de vols sont prévues pour aller échantillonner les poussières désertiques au dessus du bassin méditerranéen.

2/ Période d'observation intensive 2 : du 10 juillet au 12 aout 2013 : l'ATR-42 sera basé à Gênes (Italie), et dans le cadre de l'ANR SAF-MED: Formation des aérosols secondaires en méditerranée (http://www.agence-nationale-recherche.fr/projet-anr/?tx_lwmsuivibilan_pi2), plus de 45H de vols sont prévues pour aller échantillonner les panaches de pollution au dessus de la Méditerranée et de comprendre les processus d'évolution des polluants au cours de leur transport atmosphérique.

La plupart du personnel LaMP est impliqué dans ces campagnes de terrain.

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Aétius 04/07/2013 20:44

intéressant
est-ce que les particules qu'on voit vibrioner comme des folles lorsqu'on les regarde à contre-jour du soleil ont été détectée par ces campagnes de mesure ?
et qu'en est-il des "fils de la vierge" ?...
j'espère que ces histoires de particules qu'on croyait trop fines pour traverser la mer ne sont pas des fables destinées à détourner l'attention de ceux qui ont l'oeil et qui trouvent qu'il se
passe décidément beaucoup de choses très bizarres dans nos cieux...