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Ciel Voilé

Sans éthique la géo-ingénierie n'est pas viable

5 Août 2014, 09:55am

Publié par Ciel Voilé

 

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Un philosophe de l'environnement prévient que les grandes questions éthiques, politiques, juridiques et sociales liées à la géo-ingénierie doivent être résolues

Graham Readfearn à Sydney   - Traduction Ciel voilé

theguardian.com - jeudi 31 Juillet 2014

 

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La géo-ingénierie: vue satellite de la mer Méditerranée et du bassin du Nil de nuit -La géo-ingénierie ou la modification du climat, se divise en deux catégories - l'élimination du dioxyde de carbone ou la gestion du rayonnement solaire. Photo: ISS / NASA

La recherche sur les moyens de manipuler le climat de la Terre comme dernière solution au réchauffement climatique ne sera pas viable si les enjeux éthiques qu'elle soulève ne sont pas résolus au préalable, met en garde un philosophe de l'environnement.

Le Professeur Stephen Gardiner, de l'Université de Washington, à Seattle, a déclaré au Guardian que ce que l'on appelle la géo-ingénierie risque d'empirer la situation pour les générations futures.

Le Professeur Gardiner était à Sydney pour un colloque de deux jours visant à s'attaquer aux conséquences morales et éthiques de la géo-ingénierie ou manipulation du climat.

Cette année, l'Académie Nationale des Sciences aux États-Unis doit publier un rapport-clé sur la « faisabilité technique » d'un certain nombre de méthodes de géo-ingénierie réparties en deux catégories.

L'élimination du dioxyde de carbone (CDR) tente de réduire les niveaux de gaz à effet de serre dans l'atmosphère et de le stocker, par exemple, dans les arbres, les algues ou sous terre.

Une deuxième catégorie, appelée gestion du rayonnement solaire tente de réduire la quantité d'énergie en provenance du soleil entrant dans l'atmosphère de la Terre, par exemple : pulvériser des particules de sulfate dans la stratosphère ou blanchir les nuages​​.

Gardiner a déclaré que l'inertie politique était l'une des raisons pour lesquelles le monde n'avait pas répondu de façon significative aux changements climatiques et à la hausse des émissions de GES.

« La génération actuelle, en particulier dans les pays riches, est tentée de profiter des avantages à court terme et de répercuter les coûts sur les générations à venir », a t-il dit.

« On peut dire que c'est l'une des grandes raisons pour lesquelles nous avons échoué jusqu'ici dans la politique climatique parce que nous avons succombé à cette tentation ».

« Mais quand il s'agit de la géo-ingénierie, l'un de mes plus grands soucis, c'est que nous intervenions en reproduisant ce modèle ».

« Nous pourrions essayer et adopter une solution technologique rapide, mais elle provoquerait les pires conséquences pendant des décennies sans beaucoup d'attention à ce qui se passerait après. Ce qui se passerait après pourrait être encore pire que si nous laissions se déployer les impacts climatiques négatifs à court terme ».

Il a dit qu'il était temps de s'engager sur les questions éthiques et morales, maintenant que les grandes institutions scientifiques et un groupe croissant de chercheurs commencent à envisager l'utilisation de la géo-ingénierie.

« Nous en sommes encore aux premiers stades et très peu de gens ont écrit à ce sujet ou en ont discuté. La bonne nouvelle, c'est que les principaux rapports scientifiques signalent généralement qu'il y a des problèmes majeurs éthiques, politiques, juridiques et sociaux à résoudre. L'essentiel est de savoir si nous passons outre ou si réellement nous affrontons ces conséquences ».

« Si ces problèmes sociaux et politiques ne sont pas résolus, alors tout type de géo-ingénierie serait non-viable de toute façon - ou du moins toute approche sans éthique serait non-viable ».

En 2009, un rapport de la Royal Society a appelé à davantage de recherches sur la géo-ingénierie et a conclu que les techniques CDR « doivent être considérées comme préférables ».

Une expérience consistant à vaporiser des particules dans la haute atmosphère à l'aide d'un ballon et d'un tuyau d'un kilomètre de long a été annulée en 2012 après qu'on ait découvert que deux des scientifiques impliqués avaient présenté des demandes de brevets similaires aux techniques proposées.

Une étude parue en début d'année dans la revue Nature Communications compare cinq méthodes différentes de génie climatique et estime qu'elles sont toutes « relativement inefficaces » tout en comportant « des effets secondaires potentiellement graves» et difficiles à arrêter.

Le Professeur Jim Falk de l'Université de Melbourne, de l'Institut pour une société durable, a déclaré au symposium, qu'existaient plus de 40 méthodes distinctes qui pourraient être décrites comme de la géo-ingénierie, y compris la plantation d'un grand nombre d'arbres et la peinture des toits en blanc.

Il a dit: « Il y a un grand éventail d'idées qui vont de l'échelle locale à l'échelle intermédiaire et à l'échelle mondiale. L'échelle, les impacts et les risques vont tous de pair ».

 


http://www.theguardian.com/environment/2014/jul/31/ethics-geoengineering-solutions-climate-change

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