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Le « marché gris » des iPhone
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C’est un entrepôt sécurisé, protégé par un détecteur de métaux et des caméras de surveillance. On l’appelle la « cage à pommes ». Dans cette usine de traitement des déchets électroniques baptisée GEEP, située dans la banlieue de Toronto au Canada, les employé·es savent que le client est exigeant, qu’il paye bien et dans les temps. Si les volumes à traiter sont gigantesques, on y travaille à la chaîne et on n’ose pas poser de questions. La consigne est stricte : tous les produits expédiés par Apple doivent être détruits, même s’ils sont fonctionnels. Malgré tout, l’usine GEEP est tentée de mettre de côté les nombreux iPhone en état de marche pour les revendre d’occasion.
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C’est ce qu’a révélé une inspection surprise menée par Apple chez son sous-traitant, en août 2017. Le magazine Bloomberg Businessweek relate que les auditeurs dépéchés sur place auraient identifié plus de 5 300 kilos de matériel, soit environ 100 000 articles Apple, ayant échappé au recyclage. Aussitôt, la firme rompt son contrat avec la société GEEP, avant de l’attaquer en justice, en janvier 2020. Elle dénonce le « plan soigneusement orchestré » de l’usine canadienne qui a détourné ses produits pour les réparer et les « revendre sur le marché gris », à des consommateurs chinois.
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