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Ciel Voilé

Risques nucléaires : à quand la fin du monopole des experts internationaux producteurs d'ignorance?

28 Avril 2021, 11:36am

 

Coordination anti-nucléaire Sud Est - vendredi 23 avril 2021

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experts.jpgDeux chercheuses, Christine Fassert (Socio-anthropologue, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Tatiana Kasperski (Chercheure associée au Département des Humanités, Universitat Pompeu Fabra) ont étudié et analysé comment depuis l’accident de Tchernobyl la monopolisation de l’autorité du savoir sur les radiations ionisantes a été instrumentalisé par un ensemble restreint d’organisations (l’Agence internationale de l’énergie atomique/AIEA, la Commission internationale de radioprotection/CIPR et le Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants/UNSCEAR). Par un jeu d’alliances et de cooptations, ces organisations se constituent en un ensemble monolithique sur le risque radiologique. À partir de ce moment, les points de vue différents portés par des individus, des scientifiques « dissidents » parfois au coeur même de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Europe ou appartenant à des organisations indépendantes sont systématiquement délégitimés et renvoyés à une forme de marginalité péjorative militante.

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En décembre 2020, vingt ans après la fermeture définitive de la centrale (ndlr: atomique de Tchernobyl), le ministère de la Culture de l’Ukraine a annoncé son intention de préparer la demande d’inscription de certains objets dans la zone d’exclusion autour de Tchernobyl sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Le ministère prévoyait de soumettre sa demande au printemps 2021, une façon de marquer le 35e anniversaire de l’accident, le 26 avril. Ce projet permettrait de mettre en place un dispositif de préservation du site, mais surtout de mettre en valeur son importance historique universelle.

Sur la liste de l’Unesco

2000_sarcophage_au-dessus-ruines_centrale-Tchernobyl_Ukraine.pngDeux sites liés au passé sombre du nucléaire figurent déjà sur la liste de l’Unesco : le Mémorial de la paix d’Hiroshima et le Site d’essais nucléaires de l’atoll de Bikini. Le site de Tchernobyl symboliserait, lui, la longue histoire des accidents qui ont marqué l’âge de l’atome, de Kyshtym à Windscale (1957) et de Three Mile Island (1979) à Fukushima (2011), dont on a marqué le dixième anniversaire cette année.

Qui plus est, l’accident de Tchernobyl marque un moment particulier de cette histoire, à savoir le début de l’institutionnalisation de la gestion internationale des conséquences des accidents nucléaires, dont on a pu pleinement mesurer l’emprise au moment de l’accident de Fukushima.

Un ensemble restreint d’organisations

Si les origines des accidents sont le plus souvent expliquées par des facteurs liés au développement de l’industrie nucléaire et de ses instances régulatrices à l’échelle nationale, la « gestion » de leurs conséquences dépasse progressivement les frontières nationales.

 

 


 

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