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Ciel Voilé

La destruction et l’accaparement des biens communs

9 Octobre 2021, 09:16am

La destruction et l’accaparement des biens communs
Partie 1 de Biens communs, dettes et brevets des firmes pharmaceutiques

 

Eric Toussaint Mondialisation.ca, 09 octobre 2021

 

 

Depuis l’aube du capitalisme, les biens communs ont été systématiquement remis en cause par la classe capitaliste dans sa logique de marchandisation et d’appropriation privée. Parmi les objectifs poursuivis par les capitalistes quand ils ont commencé à investir dans les manufactures en Europe il y a plusieurs siècles : supprimer des sources vitales de subsistance à la plus grande portion possible de la petite paysannerie qui constituait de très loin la plus grande partie de la population afin de les contraindre à aller en ville et à accepter de travailler pour un salaire de misère dans les manufactures des capitalistes. Parmi les objectifs poursuivis dans les pays des autres continents soumis à la conquête des puissances européennes : voler les terres des populations locales, leur matières premières et donc aussi leur ressource vitale, installer des colons et contraindre les populations au travail forcé.

Depuis l’aube du capitalisme, les biens communs ont été systématiquement remis en cause par la classe capitaliste dans sa logique d’appropriation privée

Du 16e au 19e siècle, les différents pays dont les économies ont progressivement été dominées par le système capitaliste ont connu un vaste processus de destruction des biens communs. Des auteurs comme Karl Marx (1818-1883) dans le livre 1 du Capital [1], Rosa Luxemburg (1871-1919) dans son livre L’Accumulation du Capital [2], Karl Polanyi (1886-1964) dans La Grande transformation [3], Silvia Federici (1942) dans Caliban et la Sorcière [4] l’ont mis en exergue. Le très beau film de Raoul Peck sur le jeune Karl Marx [5] commence par des images très fortes sur un des multiples exemples de destruction des biens communs : la répression brutale de pauvres en train de récolter du bois mort dans les forêts de l’Allemagne rhénane et la prise de position de Karl Marx en défense des victimes des poursuites judiciaires pour avoir exercé un droit collectif millénaire qui entrait en contradiction avec la logique capitaliste. Daniel Bensaïd y a consacré un petit livre intitulé Les Dépossédés : Karl Marx, les voleurs de bois et le droit des pauvres dans lequel il montre la poursuite du processus de destruction des biens communs [6].

Le pillage des terrains communaux, voilà un des procédés idylliques de l’accumulation primitive capitaliste

Dans Le Capital, Karl Marx résume certaines formes prises par l’imposition du système capitaliste en Europe : « La spoliation des biens d’église, l’aliénation frauduleuse des domaines de l’État, le pillage des terrains communaux, la transformation usurpatrice et terroriste de la propriété féodale ou même patriarcale en propriété moderne privée, la guerre aux chaumières, voilà les procédés idylliques de l’accumulation primitive. Ils ont conquis la terre à l’agriculture capitaliste, incorporé le sol au capital et livré à l’industrie des villes les bras dociles d’un prolétariat sans feu ni lieu ». (Le Capital, Livre I, Huitième section. Chap. 27 https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-27.htm )

La transformation de l’Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà un autre procédé idyllique de l’ère capitaliste à son aurore

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P
ça ne concerne pas spécialement cet article mais j'ai une question à poser : où sont les mecs qui ont des couilles ?
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