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Ciel Voilé

Le ministère des Armées va investir dans la « guerre cognitive » avec le projet MYRIADE

29 Novembre 2021, 13:54pm

Le ministère des Armées va investir dans la « guerre cognitive » avec le projet MYRIADE

Laurent Lagneau · 28 novembre 2021

Pour schématiser à grands traits, la « guerre cognitive » consiste à s’adresser à des groupes d’individus pour leur faire prendre des vessies pour des lanternes afin d’obtenir un effet tactique, voire stratégique quand il s’agit de déstabiliser une société dans le cadre d’une campagne menée sur le long terme.

Cette « guerre cognitive » n’est pas foncièrement une nouveauté… En revanche, les progrès technologiques, en particulier dans les domaines de la cybernétique et des biotechnologies, associés à l’évolution des connaissances en matière de neurosciences, font que, de nos jours, il est sans doute plus facile qu’avant d’exploiter les faiblesses du cerveau humain.

Dans son livre « Apocalypse cognitive« , le sociologue Gérald Bronner en décrit quelques unes. Comme, par exemple, le « biais de confirmation », qui « explique une partie du succès de la crédulité – plus il existe d’informations disponibles, plus il est aisé d’en trouver au moins une qui confirme nos croyances ». Ainsi, écrit-il, celui-ci est « profondément enfoui dans notre cortex », comme l’ont montré une équipe de savants de l’université de Californie du Sud, qui en a dessiné, par imagerie cérébrale, ses « mécanismes neuroneux ».

« Une information [politique, dans le cas de son expérimentation] contraire à nos idées excite des modules cérébraux essentiels dans l’évaluation du moi. En d’autres termes, la rencontre d’informations contradictoires à nos croyances nous met en danger, au moins au sens figuré : elle représente une attaque de notre identité. La crédulité, parce qu’elle est véloce, est souvent la première forme de narration qui s’offre à rendre compte d’un phénomène énigmatique. Dans ces conditions, elle a des chances d’ancrer en nous des formes de représentation du monde auxquelles nous nous mettrons à tenir dès lors que nous les aurons endossées », explique le sociologue.

 


 

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