Comment la guerre d’Ukraine fait voler en éclat ce qui restait de coopération entre Paris et Berlin
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20 octobre 2022 – Le courrier des stratèges
La guerre d'Ukraine agit comme un terrible révélateur de tensions sous-jacentes. La France et l'Allemagne viennent d'annuler une réunion de travail qui faisait partie de la routine de leur coopération dans le cadre des traités de l'Elysée et d'Aix-La-Chapelle.
La crise des relations franco-allemandes, qui éclate au grand jour, a cheminé souterrainement pendant longtemps. Elle a en réalité commencé lorsqu’Angela Merkel a décidé unilatéralement de mettre fin à l’industrie nucléaire civile européenne, au printemps 2011.
Les années qui suivent ont été essentiellement occupées à contenir le mécontentement des marchés vis-à-vis de la dette française et à maîtriser la crise grecque. En réalité, de 2012 à 2017, Paris a fait “profil bas”. Les médias allemands appelaient, à peine méchamment, François Hollande, le “vice-chancelier” d’Angela Merkel.
Lorsqu’Emmanuel Macron est arrivé à l’Elysée, il a pensé être capable de relancer “le couple”. En vain, dans un premier temps. Puis est venu le COVID et la mise en place d’un “emprunt européen”. Emmanuel Macron croyait avoir gagné son amorce de budget européen. En fait, c’était une victoire à la Pyrrhus.
La guerre d’Ukraine comme révélateur de désaccords profonds.
Angela Merkel s’en est allée. Une coalition tripartite s’est installée à Berlin. Les sociaux-démocrates, les Verts et les Libéraux y constituent un attelage hétéroclite et structurellement faible. Mais l’Allemagne est encore suffisamment riche pour qu’on ne lui dise pas ce qu’elle a à faire. Et vous connaissez notre président. C’est plus fort que lui, il ne peut pas s’empêcher de faire la leçon….
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