En Provence, l'extension d'un discret centre d'élevage de singes de laboratoire divise
France-Soir avec AFP Publié le 17 novembre 2025 - 18:04
Au pied de la montagne Sainte-Victoire, entre vignes et oliviers, résonnent... des cris de singes. Un discret centre de primatologie héberge et élève depuis des décennies des centaines de primates destinés à des expériences scientifiques en laboratoire.
Gérée par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), cette station de primatologie est pointée du doigt par des défenseurs des animaux depuis qu'elle a annoncé vouloir tripler d'ici 2029 le nombre de primates hébergés, pour atteindre 1 800 spécimens.
Un "projet à rebours de l'histoire", selon l'association One Voice, organisatrice d'actions coup-de-poing à Rousset (Bouches-du-Rhône) et Marseille, alors que l'Europe a affirmé sa volonté d'abandonner progressivement l'expérimentation animale sans donner d'objectifs précis. Sachant que les tests de cosmétiques sont déjà interdits depuis 2013.
Dans un souci de pédagogie, la station a organisé plusieurs réunions publiques et a exceptionnellement ouvert ses portes à l'AFP.
Implanté entre une aire d'autoroute et une déchetterie, caché dans la pinède et entouré de barbelés, sans signe distinctif à l'entrée, ce centre s'étale sur sept hectares.
Passé les stricts contrôles de sécurité, apparaissent alors dans divers enclos et parcs de tailles variées (entre 12 et 250 mètres carrés) des babouins olives (300), de Guinée (60), macaques rhésus (130) et marmousets (120), tous nés en captivité.
Dans un des enclos, au milieu de rocs et troncs d'arbres, un couple de babouins s'épouillent. Plus loin, Babar, 20 ans, observe paisiblement avec Bibi et Faustine, ses deux femelles reproductrices actuellement porteuses d'implants contraceptifs, Vanille, 11 mois, sauter sur une balançoire en bois.
Créé en 1978, le centre s'était d'abord spécialisé dans l'élevage de chats pour la recherche avant d'accueillir des primates. C'est l'une des trois principales structures publiques en France, avec Strasbourg (Silabe) et Brunoy, dans l'Essonne (CREMm), élevant des singes cobayes.
"Nos singes ne sont utilisés qu'en recherche académique et non clinique", assure Ivan Balansard, référent éthique et modèles animaux au CNRS. Ils sont destinés à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), à l'Institut Pasteur, au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et au CNRS lui-même.
La suite :
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