Francesca Albanese, ou la solitude de la rébellion
Le 31 décembre 2025 Chris Hedge – mondialisation.ca
La rapporteuse spéciale des Nations Unies est l’une des militantes les plus courageuses contre le génocide à Gaza. Pour cette raison, elle est mise sur liste noire et traitée comme une terroriste.
Nice, France — Un après-midi de fin novembre. Je roule vers Gênes, en Italie, en compagnie de Francesca Albanese, rapporteure spéciale des Nations unies pour les droits humains dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967. Nous partons rejoindre des dockers en grève. Ceux-ci réclament un moratoire sur les armes destinées à Israël et le retrait du projet du gouvernement italien d’augmenter les dépenses militaires.
Nous filons à vive allure le long de la baie des Anges, dont les eaux sombres scintillent à notre droite, et au pied des Alpes françaises aux crêtes ciselées, à notre gauche. Des châteaux et des villages aux toits de tuiles rouges, lovés dans la lumière déclinante, s’accrochent aux collines ondulantes. Des palmiers bordent la route le long du front de mer.
Francesca, grande, les cheveux parsemés de mèches grises, avec de grandes lunettes à monture noire et des boucles d’oreilles en anneau, est désormais la bête noire d’Israël et des États-Unis. Elle a été inscrite sur la liste de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor américain, normalement utilisée pour sanctionner les personnes accusées de blanchiment d’argent ou d’implication dans des organisations terroristes, six jours après la publication de son rapport intitulé De l’économie de l’occupation à l’économie du génocide.
Conçue comme une arme par l’administration Trump pour persécuter Francesca, la liste de l’OFAC est utilisée en violation flagrante de l’immunité diplomatique accordée aux fonctionnaires de l’ONU. Elle interdit à toute institution bancaire d’avoir pour client une personne figurant sur cette liste. Une banque violant cette interdiction se voit interdire d’opérer en dollars, s’expose à des amendes de plusieurs millions de dollars et est exclue des systèmes de paiement internationaux.
Dans son rapport, Francesca énumère 48 entreprises et institutions, dont Palantir Technologies, Lockheed Martin, Alphabet Inc., Amazon, International Business Machines Corporation (IBM), Caterpillar Inc., Microsoft Corporation et le Massachusetts Institute of Technology (MIT), ainsi que des banques et des sociétés financières telles que BlackRock, des assureurs, des sociétés immobilières et des organisations caritatives. Toutes ces entreprises et institutions tirent des milliards de dollars de l’occupation et du génocide des Palestiniens, en violation du droit international.
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