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Ciel Voilé

Trente ans de suivi des oiseaux communs : un déclin qui perdure

26 Juin 2021, 06:58am

Trente ans de suivi des oiseaux communs : un déclin qui perdure

 

 

Le Muséum national d’Histoire naturelle, l’Office français de la biodiversité et la Ligue pour la protection des oiseaux ont dévoilé le bilan, lundi 31 mai, de trente ans de Suivi temporel des oiseaux communs (STOC). Cette synthèse confirme le fort déclin des espèces de passereaux dites « spécialistes », c’est-à-dire inféodées à des milieux particuliers.

 

Conçu en 1989 par le Muséum national d’Histoire naturelle pour déterminer l’état de santé des populations d’oiseaux communs en période de reproduction, le protocole STOC a été modifié en 2001 pour assurer une meilleure représentativité des paysages de France, et compte quelque 3 000 sites suivis au moins une année depuis cette date. En 2019, une collaboration lancée avec la LPO donne une nouvelle dimension à ce réseau de plus de 2 000 ornithologues bénévoles.


En trente ans, quatre millions de données ont été collectées sur le terrain grâce à ces observateurs assidus pour mesurer l’évolution des populations des 123 espèces les plus communes.

 

Si 32 espèces sont en expansion (pinson des arbres, rouge-queue à front blanc, fauvette à tête noire, pigeon ramier, geai des chênes, mésange bleue, choucas des tours), 43 régressent (chardonneret élégant, tourterelle des bois, hirondelle de fenêtres, moineau friquet, verdier d’Europe, martinet noir). En milieu urbain, l’artificialisation toujours plus forte diminue leurs ressources alimentaires et la pollution due aux transports et aux activités industrielles a un impact sur leur santé. On note ainsi 28 % d’oiseaux en moins depuis 1989 !

 

Quand l’avifaune continue à perdre des plumes…

 

La pire situation se situe en zone agricole, où l’alouette des champs et les perdrix ont perdu près du tiers de leurs effectifs, contre 60 % pour le moineau friquet et tarier des prés depuis 2001.
Elle est moins défavorable pour les oiseaux forestiers, qui accusent une diminution de 10 %.
Les analyses confirment l’efficacité des réserves naturelles, où les populations d’oiseaux se portent mieux, et des aides financières pour des pratiques agricoles non intensives.
Le STOC démontre également que les populations d’oiseaux se décalent vers le nord pour tenter de rester dans les zones où la température leur convient, mais ce décalage n’est pas assez rapide.

 

Cet outil majeur pour la connaissance de l’avifaune commune, qui documente d’une manière plus générale le déclin alarmant de la biodiversité, est censé orienter les politiques publiques de conservation des espèces. L’occasion de donner votre point de vue en participant à la consultation citoyenne pour la troisième Stratégie nationale pour la biodiversité, qui prend fin le 6 juillet. Quand on connaît le rôle de l’agriculture intensive dans ce déclin et que l’on considère le manque d’ambition de la nouvelle Politique agricole commune en discussion, il y a matière à voler dans les plumes… de nos décideurs.

 

Catherine Levesque-Lecointre

 

 

 

 

 

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