Les avocats de la colère
by GRAIN & Colectivo por la Autonomía | 4 May 2023 Land
« L’année prochaine, ce petit verger sera absorbé par une grande Compagnie, car le fermier, étranglé par ses dettes, aura dû abandonner. Ce vignoble appartiendra à la banque. Seuls les grands propriétaires peuvent survivre, car ils possèdent en même temps les fabriques de conserves... Les hommes qui ont donné de nouveaux fruits au monde sont incapables de créer un système grâce auquel ces fruits pourront être mangés [...]. Dans l’âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines ».
Voilà ce qu'écrivait John Steinbeck lorsqu'est devenue visible, pour la première fois peut-être, la dévastation colossale provoquée par l'agro-industrie capitaliste, l'expulsion qui s'est ensuivie de familles paysannes du Midwest américain et leur arrivée en Californie dans les années 30[1]. S'il écrivait aujourd'hui, Steinbeck remplacerait peut-être les raisins par des avocats. En effet, le modèle de production de ces derniers implique une recrudescence inédite de l'agro-industrie, une recrudescence principalement fondée sur la déforestation et la surexploitation de l'eau, sur l'éradication des modes d'agriculture et l'expulsion de communautés entières.
Après la banane et l'ananas, l'avocat est le fruit le plus commercialisé au monde : sa culture se développe en termes de production et d'hectares accaparés, et continue de s'étendre à de plus en plus de pays. Mais qu'implique donc l'expansion mondiale de ce fruit ? Qu'est-ce qui motive ce négoce et qui ? Comment fonctionne, au niveau mondial et locale, ce modèle qui parvient à maintenir ses prix à la hausse ? Comment a-t-il atteint le succès dont il jouit actuellement, qui le rend présent dans toutes sortes de célébrations et d'évènements sportifs ? Quelles sont les répercussions sociales du commerce opaque auquel il est lié ?
/image%2F1416990%2F20220903%2Fob_da6312_logo-2022-2.jpg)
/image%2F1416990%2F20230506%2Fob_435b39_cheran2monica.jpg)