Enquête publique centrale biomasse de Gardanne : éléments de réponse
Si vous habitez l'un des 17 départements faisant partie de la zone d'approvisionnement de la centrale, vous pouvez participer à l'enquête publique.
Ces dix-sept départements sont les suivants : Alpes de Haute Provence (04), Hautes-Alpes (05), Alpes Maritimes (06), Bouches-du-Rhône (13), Var (83), Vaucluse (84), Ardèche (07), Drôme (26), Isère (38), Gard (30), Hérault (34), Lozère (48), Aude (11), Pyrénées Orientales (66), Tarn (81), Aveyron (12), Ariège (09).
Pour participer, vous pouvez répondre directement par internet :
https://www.registre-numerique.fr/enquete-publique-centrale-de-
Le nombre de caractères est limité à 8500.
Si votre réponse n'est pas argumentée, elle ne sert pas. Si vos arguments sont hors sujet de l'enquête, non plus. Les enjeux principaux selon l'Agence Environnementale :
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les émissions de gaz à effet de serre et la réutilisation de la chaleur fatale,
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la qualité de l’air et les incidences pour la santé humaine,
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les déchets et leur valorisation,
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les prélèvements en eau et la gestion des eaux pluviales et industrielles,
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les incidences indirectes liées à l’approvisionnement de la biomasse (biodiversité et services écosystémiques, fertilité des sols et puits de carbone, paysage…) dans la zone d’approvisionnement local, en France hors zone d’approvisionnement local et à l’étranger (UE et hors UE).
Les éléments de réponse fournis ci-dessous concernent pour l'essentiel l'approvisionnement en France et les émissions de GES. ( plus de 13 000 caractères)
Abattre des arbres vivants pour les brûler est un non-sens écologique. La combustion de la biomasse forestière pour produire de l'électricité est une catastrophe pour le climat, elle repose sur deux artifices qui nient l'observation du réel.
Artifice 1 : les troncs ou bois ronds ou rondins seraient des résidus !
Artifice 2 : les émissions dans l'atmosphère ne sont pas comptabilisées !
A- Un arbre vivant n'est pas un résidu !
Vidéo à 16'' :
https://www.youtube.com/watch?v=B0Nq35wkpsk&t=3s
- Abattre des arbres pour les brûler et produire de l'énergie est dangereux pour le climat. Cela libère du carbone dans l'atmosphère et aggrave le réchauffement climatique.
- Abattre des arbres pour les brûler est inefficace : le rendement énergétique est inférieur à 40%
- Brûler du bois émet beaucoup plus de carbone que de brûler des combustibles fossiles.
Pourtant, la directive européenne sur les résidus et déchets permet ce subterfuge. En théorie, les compartiments de l'arbre utilisés pour le bois énergie ne seraient que des résidus, certaines branches et du bois mort.
En réalité, on abat des arbres vivants parce que le tronc représente le plus gros volume et que la consommation de bois énergie explose en Europe et dans le monde.
« La Loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (2016) prévoit de porter la part des énergies renouvelables à 38 % dans la consommation finale de chaleur à horizon 2030, soit environ un doublement par rapport à la situation actuelle. La biomasse issue de la forêt est concernée en premier lieu. Ces objectifs quantitatifs doivent être atteints tout en maintenant l’exploitation forestière dans le cadre d’une gestion durable des forêts. La récolte de bois pour la production des plaquettes forestières a d’ores et déjà plus que triplé au cours des dix dernières années, grâce notamment à des incitations publiques (Fonds Chaleur1, appels à projets de la Commission de Régulation de l’Energie2). » ( Synthèse projet Gerboise Ademe mars 2019, page 3, point 5)
Les déchets réellement verts, issus du recyclage ou les déchets végétaux des collectivités locales ne représentent que 60 000 tonnes sur les 450 000 tonnes/an prévues par GazelEnergie, soit 13%.
« La RED II établit des zones spécifiques interdites à la biomasse agricole, ce qui signifie que la biomasse destinée à la bioénergie ne peut être directement produite à partir de terres qui ont été, à tout moment après 2008, classées comme : prairies à forte biodiversité, forêts primaires, forêts à forte biodiversité ou zones protégées.
Ce n'est pas le cas pour la biomasse forestière. L'extension de ce critère d'exclusion à la biomasse forestière introduirait des garanties supplémentaires garantissant que la biomasse forestière destinée à la production d'énergie ne soit pas associée aux filières de boisement ayant les impacts les plus négatifs, c'est-à-dire celles ayant lieu sur des prairies ou des landes à haute valeur naturelle, ou anthropique. Elle interdirait également l'approvisionnement en bois provenant de plantations établies sur des forêts primaires anciennes converties comme matière première énergétique. »
Les conditions de coupes rases prévues dans la zone d'approvisionnement :
« Il ressort que les réserves forestières non gérées présentent le meilleur score en termes de durabilité et les coupes rases avec export de rémanent le plus mauvais. »
L’Agence Environnementale relève « pour les coupes rases, sujet identifié dans l’étude Inrae comme particulièrement dommageable, qu’il est prévu de fixer un maximum de 5 ha, ce qui constitue un seuil encore élevé au regard des impacts sur la biodiversité. L’Ae relève que les documents de gestion peuvent dans certains cas prévoir des restrictions plus importantes, dans le cas du SRGS de la région Occitanie par exemple, pouvant abaisser le seuil de coupe rase jusqu’à 4 ha en situation de pentes supérieure à 30 % ou 2 ha si les sols sont sensibles à l’érosion ou très pauvres. » ( AE page 24/29)
La centrale biomasse de Gardanne est située dans la région française qui en 2023 a produit le moins de bois ( hors Corse et Ile de France). Le représentant de l'exploitant, GazelEnergie, lors des réunions publiques de l'enquête publique, avance que la zone d'approvisionnement est la région la plus boisée de France et qu'il s'agit d'un capital disponible. La forêt méditerranéenne serait- elle à vendre ? Pourtant, les trois quarts de ces forêts sont privées ?
Selon Obbois ( page 148/490), et les données de PRFB 2019,
47% de l'approvisionnement : origine l'ONF
44% de l'approvisionnement : origine inconnue !
20% de l'approvisionnement : origine zones Natura 2000
L'aide de l'Etat de 800 millions d'euros à GazelEnergie montre l'implication du gouvernement. Quelle pression fera-t-il peser sur les acteurs du secteur qui dépendent des financements publics , l'ONF et les parcs naturels régionaux pour accroître leur participation dans l'approvisionnement de la centrale biomasse de Gardanne ?
La forêt méditerranéenne plus qu'une autre en France connaît des niveaux hydriques faibles, est soumise aux sécheresses et aux incendies plus qu'ailleurs du fait de sa latitude. Le volume de bois à l'hectare est le plus faible de France, de même pour le bois mort. L'AE souligne que l'exploitation forestière en zone méditerranéenne est majoritairement négative sur les sols (78 %).
Les principales essences attendues sont le Pin d’Alep (36 %), le Pin sylvestre (26 %), le sapin (12 %) et le Pin noir (10 %). Aucune incidence sur le paysage si touristique ?
La région PACA
En 2023 plus de la moitié de la récolte en région PACA a été destinée au bois énergie?
https://draaf.paca.agriculture.gouv.fr/l-enquete-annuelle-de-branche-2023-a4475.html
https://www.agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/disaron/Chd2501/detail/
Deux des départements les plus boisés, les Alpes de Haute Provence et les Hautes Alpes sont en montagne et leurs forêts difficiles d'accès ?
Le département des Bouches-du Rhône ne compte que 25% de sa surface en forêt quand les zones Natura 2000 couvrent la moitié du département ?
Selon Obbois ( page 138/490), pour les Alpes de Hautes Provence et les Alpes maritimes, l'approvisionnement de la centrale de Gardanne était presque uniquement du bois rond (troncs), et pour les Bouches du Rhône aux trois quarts du bois rond.
B- Les fumées des cheminées de la centrale ne sont pas comptabilisées dans le calcul des émissions de CO2 !
Selon les règles actuelles de comptabilisation du carbone de la CCNUCC ( Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques), le CO2 émis par la combustion de la biomasse et les émissions de gaz à effet de serre liées à son cycle de vie ne doivent pas être comptabilisés dans les secteurs où ils se produisent !
De même selon le règlement européen plus récent LULUCF, en anglais ou UTCATF en français.
« Ainsi, les affirmations selon lesquelles le règlement UTCATF tiendrait compte des pertes de carbone de la biomasse ne sont que partiellement exactes, parce qu'elles ne reconnaissent pas que la combustion de la biomasse est considérée comme ayant des émissions nulles si un État membre atteint ou dépasse son objectif de FRL (Forest Reference Level). Pourtant, tonne par tonne, la combustion de bois qui serait autrement stocké ou ajouté dans une forêt, augmente la quantité de carbone dans l'air de la même manière, même si un État atteint son objectif en matière de FRL (voir la déclaration de Tim Searchinger). » ( point 35, page 13, affaire devant la Cour de Justice de l'UE 4 mars 2019). https://eubiomasscase.org/the-case/
Pourtant depuis 2018, de multiples alertes concernant la combustion de la biomasse forestière ont été envoyées tant à la Commission européenne qu'au Parlement européen, et sont restées lettres mortes.
En janvier 2018, une lettre initiée par des professeurs d'université dont certains ayant participé aux travaux du GIEC et signée par près de 800 scientifiques du monde entier, dont 54 professeurs émerites, a été envoyée au Parlement européen « afin de limiter la biomasse forestière éligible à des résidus et déchets correctement définis, car le sort d'une grande partie des forêts du monde et le climat sont littéralement en jeu. »
En janvier 2018, l'article scientifique d'un professeur du MIT titre :
Le remplacement du charbon par le bois réduit-il les émissions de CO2 ? Conclusions :
https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/aaa512
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Le premier impact du remplacement du charbon par le bois est une augmentation du CO2 atmosphérique
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ce qui augmente le forçage radiatif et les températures moyennes mondiales, et aggrave le changement climatique,
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le carbone séquestré dans les plantations ne compense jamais le carbone prélevé dans la forêt d'origine.
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L'utilisation du bois pour la production d'électricité aggrave le changement climatique pendant des décennies ou plus.
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Action en justice du 4 mars 2019 contre la Commission européenne et le Parlement européen devant la Cour de justice de l'Union européenne. https://eubiomasscase.org/the-case/
Article scientifique août 2019 : https://doi.org/10.1111/gcbb.12643
De graves disparités persistent entre la science et la politique énergétique forestière
Article Nature juillet 2020 :
Augmentation brutale de la superficie forestière récoltée en Europe après 2015
https://www.nature.com/articles/s41586-020-2438-y
Rapport Paper Tiger du 6 juillet 2020 ( 61 pages) :
Pourquoi les critères de durabilité de la biomasse de la RED II de l'UE échouent-ils ?
https://eubiomasscase.org/wp-content/uploads/2020/07/RED-II-biomass-Paper-Tiger-July-6-2020.pdf
Rapport de PFPI du 4 novembre 2022 (81 pages) :
Brûler le puits de carbone : Comment la politique de l'UE en matière de biomasse forestière compromet l'atténuation des effets du changement climatique, et comment la réformer
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/gcbb.70035
Article Nature du 3 juillet 2023:
Les changements dans l'utilisation et la gestion des terres ont entraîné une diminution du puits de carbone terrestre de l'Europe de l'Est
https://doi.org/10.1038/s43247-023-00893-4
Rapport de Biofuelwatch de mars 2025 ( 82 pages) :
Réduites en bouillie, Comment les forêts de l'UE sont brûlées pour produire de l'énergie …https://www.biofuelwatch.org.uk/2025/pulpmills-and-biomass-report-pr/
« En 2021, dans l'UE 550,8 millions de m3 de biomasse forestière ont été brûlés.
Presque la moitié était des troncs récoltés dans l'UE.
80% était des troncs, UE et hors UE.
La moitié de la biomasse brûlée pour la production d'énergie était de la biomasse de forêts primaires, le reste des sous-produits de l'industrie du bois. »
C-Les critères de durabilité de RED II ne sont pas remplis
1/La durabilité « amont » n'est pas assurée :
- Obbois ( page 148/490) montre que 44% de l'approvisionnement de la centrale en 2019 était d'origine inconnue !
- La note de la draaf de mai 2025 révèle qu'en région PACA en 2023 seules 2 entreprises d'exploitation forestière( sur environ 180) ont été contrôlées. Pendant que le fisc français consacre 12 millions d'euros à traquer les piscines et autres avec Google, les outils technologiques tels que les images aériennes semblent exclus pour protéger les forêts françaises ?
La certification PEFC : quels contrôles permettent sa fiabilité ?
2/ La réduction d'émissions de GES :
La combustion de bois produit davantage d'émissions que la combustion de charbon. Les produits cendreux de récupération ( PCR) utilisés par la centrale de Gardanne sont plus polluants que le charbon ! (Intensité carbone 528 kgCO2ekWh PCI et 388 kgCO2ekWh PCI) ( AE page 18/29, note 25). Les centrales biomasse ont un bilan carbone très mauvais comparativement au solaire( 8 fois plus), à l'éolien (23 fois plus) ou au nucléaire (39 fois plus).
La combustion de la biomasse forestière pour produire de l'électricité aggrave le changement climatique pour des décennies comme démontrées par de nombreuses études.
3/ L'efficacité énergétique : moins de 40% de rendement énergétique pour la centrale de Gardanne C'est une destruction irréparable et inutile pour les forêts de France et d'ailleurs. Il est urgent d'y mettre un terme.
D- Impact sur les sites Natura 2000
Dans la zone d'approvisionnement : Selon Obbois ( page 148/490) en 2019, 20% de l'approvisionnement de la centrale biomasse de Gardanne provenait de sites Natura 2000. Si l'exploitant, comme annoncé, prévoit d'exclure cette source, l'ONF en assurera probablement le remplacement avec toutes les conséquences néfastes sur les sols forestiers.
E Opacité de la filière bois énergie subventionnée :
Pourquoi les données officielles sont-elle secrétisées ?
La Commission européenne a-t-elle été notifiée de l'aide publique de 800 millions d'euros à GazelEnergie ?
https://www.politico.eu/article/centrale-gardanne-financement-800-millions-question/
Le contrat signé avec l'Etat en décembre 2024, reste secret. Pourquoi ?
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