La CNIL opposée à une installation “ni nécessaire ni proportionnée” de caméras augmentées à l’IA chez les buralistes
M.A. Publié le 15 juillet 2025 - 08:37
La CNIL dit “halte”. La Commission nationale de l'informatique et des libertés a clarifié sa position vendredi dernier concernant les caméras augmentées déployées chez les buralistes pour détecter si un client est majeur ou non, afin de lui vendre les produits interdits aux mineurs, comme les cigarettes, l’alcool ou les jeux d’argent.
Depuis fin 2024, certains buralistes en France ont déployé des caméras dopées à l’IA pour estimer l’âge des clients et éviter la vente de produits interdits aux mineurs. En Ile-de-France, la Fédération locale des buralistes avait par exemple indiqué avoir lancé une expérimentation dans 14 établissements affiliés.
“Ni nécessaire, ni proportionnée”
En mars dernier, la CNIL réagissait déjà à cette tendance, annonçant des travaux pour se concerter avec les acteurs concernés, aussi bien les buralistes que les fabricants de ces dispositifs, “afin d’analyser la conformité de ces dispositifs à forts enjeux pour les droits et libertés”.
“En pratique, ces caméras scannent, au moment de l’achat, le visage de la personne pour estimer si celle-ci est mineure ou majeure et en informent le commerçant par un témoin lumineux (par exemple une lumière verte ou rouge)”, explique la commission, qui reconnaît l’objectif de “protéger les plus jeunes” et “préserver la santé publique”.
Mais cette “vérification s’effectue par le biais de traitements algorithmiques d’analyse automatisée d’images” et ceci “n’est pas anodin”, pouvant “comporter des risques pour la protection des données personnelles et pour la vie privée des personnes”, puisque ces équipements sont “par nature intrusifs” et tout client est automatiquement scanné.
La suite :
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