L’eau confisquée : la FNSEA dicte sa loi au gouvernement
France-Soir - Publié le 08 mai 2026 - 09:15
Le 6 mai 2026, Greenpeace France a vivement dénoncé le projet de loi d’« urgence agricole » que le gouvernement doit présenter courant mai à l’Assemblée nationale. Selon l’ONG, ce texte, annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour répondre aux mobilisations agricoles, ne règle ni la question du revenu des agriculteurs ni celle de la stratégie sanitaire (DNC), mais cherche surtout à satisfaire les demandes de la FNSEA.
Derrière les discours sur la « souveraineté agricole », ce projet constitue un recul majeur de la protection de l'eau en facilitant les projets de stockage d’eau (mégabassines) et en renforçant les droits d’irrigation pour les grandes cultures. Il donne davantage de pouvoirs aux préfets pour déroger aux règles en vigueur et fragilise la protection des autres usages de l’eau, notamment la biodiversité et l’eau potable.
Cette loi parle de qui aura le droit d’utiliser l’eau, pour quels usages, et au détriment de qui. En facilitant le stockage de l’eau pour certains modèles agricoles, elle risque de renforcer les inégalités d’accès à une ressource déjà fragilisée par les sécheresses, les pollutions et le changement climatique. – Greenpeace
L’agriculture représente déjà 58 % des prélèvements d’eau en France. Pourtant, ce sont principalement les surfaces irriguées des grandes cultures qui en bénéficient, alors qu’elles contribuent très faiblement à nourrir la population. Un tiers de la France hexagonale est en Zone de Répartition des Eaux (ZRE), où la ressource est structurellement inférieure aux besoins. En 2022, 2000 communes ont connu des tensions ou des ruptures d’alimentation en eau potable. Par ailleurs, 14 300 captages d’eau potable ont été fermés entre 1980 et 2024, dont plus d’un tiers à cause des pollutions aux pesticides et engrais azotés.
La suite :
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