Les parcs éoliens offshore libèrent des substances chimiques "préoccupantes" dans l'eau
France-Soir Publié le 26 mai 2026 - 09:55
Alors même que l'Europe mise sur l’éolien offshore pour verdir son électricité, une étude européenne rappelle que les turbines ne tournent pas sans laisser de traces. Peintures, anticorrosion, huiles et lubrifiants peuvent libérer des substances dans le milieu marin.
Au large de Saint-Brieuc, les éoliennes ont fini par sortir de l’eau. Longtemps contesté, souvent défendu, le parc breton est devenu l’un des symboles français de l’éolien en mer. Ses 62 mâts, répartis sur 75 km², affichent une puissance totale de 496 MW. Iberdrola assure qu’ils peuvent fournir l’équivalent de la consommation de 835 000 habitants.
Mais la mer garde les additions que l’industrie oublie parfois de regarder. Une étude publiée dans Marine Pollution Bulletin, menée dans le cadre du projet européen Anemoi avec l’Ifremer, l’institut belge ILVO et l’agence allemande BSH, a recensé 228 substances susceptibles d’être émises par les parcs éoliens offshore. Parmi elles, 62 sont jugées préoccupantes, car elles peuvent être toxiques, persistantes, bioaccumulables, perturbatrices endocriniennes ou cancérogènes.
Les chercheurs ne disent pas que toutes ces substances se retrouvent déjà dans l’eau bretonne à des niveaux dangereux, mais dressent une carte des risques. Les systèmes anticorrosion protègent les structures métalliques. Les peintures industrielles résistent au sel et aux chocs. Les lubrifiants font tourner la mécanique. Les fluides de refroidissement et les systèmes de sécurité complètent cette machinerie marine. À force de protéger les machines, on finit par exposer le vivant.
La suite :
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