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Ciel Voilé

2 août 1914 – 2 août 2026 : quand l’État déclare l’urgence… pour contrôler le narratif

2 Août 2026, 17:43pm

2 août 1914 – 2 août 2026 : quand l’État déclare l’urgence… pour contrôler le narratif

2 août 1914 – 2 août 2026 : quand l’État déclare l’urgence… pour contrôler le narratif

Xavier Azalbert, France-Soir Publié le 02 août 2026 - 17:30

 

Le 2 août 1914, les affiches de mobilisation générale fleurissent sur tous les murs de France. Le tocsin sonne. Les hommes partent. Ce même dimanche, à midi, le Conseil des ministres se réunit à l’Élysée sous la présidence de Raymond Poincaré. Les Chambres sont ajournées. Sur le rapport du ministre de la Guerre Adolphe Messimy, et conformément à la loi du 3 avril 1878 (qui autorise le président de la République, sur avis du Conseil, à proclamer l’état de siège en cas de péril imminent résultant d’une guerre étrangère lorsque le Parlement n’est pas réuni), Poincaré signe le décret. Les 86 départements français, le territoire de Belfort et les trois départements d’Algérie sont déclarés en état de siège.

Le contexte est explosif. Le 28 juillet, l’Autriche-Hongrie a déclaré la guerre à la Serbie. Le 29, la Russie ordonne une mobilisation partielle contre l’Autriche-Hongrie. Le 30 juillet, le tsar Nicolas II, après hésitation, signe le décret de mobilisation générale de l’armée et de la flotte russes, qui doit commencer le 31. L’Allemagne, face à cette montée en puissance russe, proclame le 31 juillet l’« état de danger de guerre » et lance un ultimatum exigeant l’arrêt immédiat de la mobilisation russe. Le 1er août, Berlin déclare la guerre à la Russie et ordonne sa propre mobilisation (premier jour : 2 août). La France, alliée de la Russie, décrète à son tour la mobilisation générale le 1er août. C’est dans ce climat de bascule généralisée que le décret français du 2 août tombe. Motif officiel : concentrer tous les pouvoirs entre les mains de l’autorité militaire sur la zone frontière et l’ensemble du territoire national, pour faire face à la menace d’invasion. Ce décret suspend immédiatement la liberté de la presse. L’autorité militaire peut désormais interdire toute publication jugée de nature à exciter le désordre ou à renseigner l’ennemi. Le lendemain, un bureau de la presse est créé au ministère de la Guerre. Le 5 août, une loi confirme et étend l’état de siège pour toute la durée de la guerre, et une autre réprime les « indiscrétions de la presse ». Cinq mille censeurs se mettent au travail. Tout ce qui pourrait « exercer une influence fâcheuse sur l’esprit de l’armée et des populations » est rayé, blanchi, interdit. Le bourrage de crâne commence. La vérité devient une question de sécurité nationale.

La suite :

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