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Ciel Voilé

La Bretagne rose et verte, de l’omerta des grands propriétaires terriens à la chape de plomb sur les algues vertes

10 Mai 2026, 17:46pm

La Bretagne rose et verte, de l’omerta des grands propriétaires terriens à la chape de plomb sur les algues vertes

La Bretagne rose et verte, de l’omerta des grands propriétaires terriens à la chape de plomb sur les algues vertes

G.L. Publié le 10 mai 2026 - 13:20


 

Alors que la Bretagne se pare assez fièrement et ce depuis des lustres des couleurs du socialisme et de l’écologie, un silence assourdissant enveloppe tout de même les vrais maîtres du jeu, ces empires agricoles et ces géants de l’agroalimentaire qui contrôlent des milliers d’hectares polluant le plus souvent sans complexe. Un apiculteur « suivi », une journaliste harcelée, un documentaire qui dérange… Derrière les belles déclarations plus vertes que nature, l’omerta règne. Et personne ne semble vouloir pointer du doigt les plus grands propriétaires terriens du pays, souvent organisés en holding, jouant de l'ingénierie juridique comme le CAC40 joue de l'optimisation fiscale.

Le témoignage de Gilles Lanio, apiculteur morbihannais à Kervignac et ancien président de l’Union nationale de l’apiculture française, est glaçant de banalité. Dans le documentaire Violence dans les champs diffusé sur France 5 (réalisé par Nicolas Legendre, prix Albert-Londres, et Magali Serre), il lâche simplement : « J’ai été suivi ». Cinquante ans d’expérience, une vie à défendre les abeilles contre les pesticides… et voilà comment on accueille la contestation en Bretagne. Pas de complot hollywoodien, juste un climat lourd, des regards pesants, des intimidations diffuses. Le genre de pression qui fait taire sans laisser de traces judiciaires.

Non ce n’est pas un cas isolé. La journaliste Inès Léraud, qui a enquêté pendant des années sur les algues vertes, en sait quelque chose. Menaces, procédures, autocensure dans les rédactions locales. Elle l’a raconté dans plusieurs enquêtes, notamment pour Basta !. Une lettre ouverte de journalistes évoquait déjà un « climat difficile pour informer correctement sur l’agroalimentaire en Bretagne », entre risques de contentieux et dépendance économique des médias vis-à-vis des acteurs institutionnels et industriels.

Le documentaire Violence dans les champs ne fait que prolonger ce constat : un système où les agriculteurs eux-mêmes sont piégés par l’endettement, les coopératives et un modèle intensif, tandis que ceux qui osent documenter les dégâts sont mis à l’écart. Pressions sociales, mise à l’index, rien de très formalisé… mais suffisamment pour que le doute s’installe.

La suite :


 

https://www.francesoir.fr/societe-environnement/la-bretagne-rose-verte-de-l-omerta-des-grands-proprietaires-terriens-la-chape


 

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