Encore une semaine d’enfer
Encore une semaine d’enfer
Une tentative de mettre fin à une guerre pourrait être sabotée par Netanyahu
Philip Giraldi - Le 21 juin 2026 – mondialisation.ca
La semaine a commencé sur une note positive, le président Donald Trump ayant déclaré, de manière inhabituelle, qu’un «mémorandum d’accord» (MoU) avait été conclu entre les négociateurs américains et iraniens, avec l’aide de médiateurs pakistanais et qatariens, afin de suspendre les actions militaires et d’entamer soixante jours de discussions en vue d’un accord de paix. Cette initiative s’appuyait sur ce qui a été décrit comme une liste en quatorze points des mesures qui seraient prises pour faire avancer le processus, incluant des concessions portant sur ce que les deux parties qualifient de «lignes rouges». Les négociations reposent sur la mise en œuvre immédiate de certaines mesures, notamment la réouverture sans restriction du détroit d’Ormuz, la cessation des attaques israéliennes contre le Liban et de l’occupation de ce pays, la levée des sanctions américaines contre l’Iran et la restitution à Téhéran d’une partie des fonds gelés.
Le mémorandum d’accord a été signé électroniquement mercredi par le président américain Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian ; une signature officielle sur papier est prévue vendredi en Suisse par le vice-président JD Vance et le chef de la délégation iranienne. Cette signature marquera le début de soixante jours de négociations qui, espérons-le, déboucheront sur un accord de paix définitif mettant fin à la guerre. Il est intéressant de noter que le lieu de la réunion, initialement prévu à Genève, aurait été déplacé vers une station de ski plus facile à sécuriser à Burgenstock, selon un rapport, en raison de craintes qu’Israël ne tente de saboter la rencontre, éventuellement en assassinant un ou plusieurs membres de la délégation iranienne.
Malheureusement, comme on pouvait s’y attendre, Israël a de toute façon fait tout son possible pour faire échouer le cessez-le-feu devant mener aux pourparlers de paix, en intensifiant ses bombardements et autres attaques contre le Liban. On savait que l’Iran avait exigé la cessation des hostilités dirigées contre son allié le Liban comme condition préalable à l’ouverture des pourparlers, et il semble désormais que Téhéran s’apprête à fermer à nouveau le détroit en raison de l’agression israélienne. Cette réaction provocatrice était plus ou moins attendue de la part de Netanyahou et a été menée sans tenir compte des avertissements explicites lancés tant par Trump que par Vance, qui faisaient référence à la relation bilatérale déséquilibrée avec Israël. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Ben-Gvir, a néanmoins ignoré les conséquences possibles et a déclaré vendredi que «tout le Liban doit brûler !» et qu’«au Moyen-Orient… il faut se déchaîner. Anéantir».
Trump, qui a déclaré cette semaine qu’il n’y avait «aucune limite à son pouvoir», aurait quant à lui injurié le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou lors d’un appel téléphonique après que ce dernier ait publiquement affirmé son droit et sa volonté de faire tout ce qu’il fallait pour «défendre» son pays. Trump a même dénoncé le bombardement «disproportionné» par Israël d’immeubles d’habitation à Beyrouth, simplement parce qu’un partisan présumé du Hezbollah y aurait pénétré. Vance est allé jusqu’à rappeler à Israël que si, comme Israël et ses partisans ne cessent de l’affirmer, l’État juif a le droit de se défendre, «quoi qu’il en coûte», alors l’Iran dispose du même droit. Il a également averti Netanyahou et ses partisans de la ligne dure : «Si je faisais partie du gouvernement israélien, je n’attaquerais peut-être pas [les États-Unis], le seul allié puissant qui me reste dans le monde entier». Vance a conclu par «On ne peut pas se contenter de tuer pour se sortir de tous les problèmes».
La suite :
https://www.mondialisation.ca/encore-une-semaine-denfer/5708252
/image%2F1416990%2F20220903%2Fob_da6312_logo-2022-2.jpg)
