Iran : l’offensive israélo-américaine face au risque d’escalade mondiale
Iran : l’offensive israélo-américaine face au risque d’escalade mondiale
Daniel Godet pour France-Soir Publié le 16 mars 2026 - 15:30
Plus de 2 semaines après l’agression de l’Iran par Israël et les États-Unis, les risques pris par les deux attaquants semblent se concrétiser : pas de victoire rapide, au contraire risque de défaite et de crise mondiale ?
Le 23 février dernier, mon article « Iran : en ne tirant pas parti de la nouvelle lune, Trump change-t-il de stratégie ? | FranceSoir » concluait qu’avec les immenses risques inhérents à une attaque de l’Iran, notamment en vue des élections US mid-term de novembre prochain, Trump allait « chicken out ».
L’attaque a pourtant été lancée le 28 février par Israël (opération ‘lion rugissant’), et – semble-t-il avec un léger décalage - les États-Unis (opération ‘Furie épique’) ; elle a lieu comme mi 2025 deux jours avant une session de négociation sous l’égide d’Oman, dénotant une nouvelle fois, comme l’indique le Suisse Jacques Baud, la perfidie (au sens du droit international) de l’Occident. Elle aboutit dès la 1re heure à l’assassinat de l’Ayatollah, honni de l’Occident, Khamenei. C’est une première, dont les pays occidentaux ne se rendent pas compte de la gravité : que diraient-ils en cas d’assassinat (par Israël ou un pays musulman) du Pape ou du duo roi d’Angleterre – évêque de Canterbury ? La vision donnée par l’Occident au reste du monde n’est-elle pas désastreuse ?
Les attaquants – et les ‘commentateurs de plateau’ occidentaux - vont de surprise en surprise :
1) Cet assassinat du chef de l'État et leader religieux chiite ne ‘libère’ aucun mouvement populaire vers un changement de régime ; au contraire, des foules massives vont dans les rues témoigner de leur tristesse, de leur attachement à leur pays, et appellent à la vengeance.
2) Les dizaines de leaders militaires éliminés lors de la frappe initiale sont remplacés immédiatement ; la république islamique fonctionne normalement.
3) Grâce à l’organisation en ‘mosaïque’ de la défense iranienne (31 régions autonomes, chacune dotée de son ‘plan de tir’), la réplique iranienne, drones et missiles, est immédiate et massive.
4) Cette riposte s’avère efficace, car la défense anti-missile des attaquants semble, comme en 2025, peu opérante.
5) L’Iran s’en prend autant aux bases états-uniennes dans les pays du Golfe qu’à Israël.
6) Le détroit d’Ormuz est de facto fermé. Et pourtant, tout était prévisible par tout analyste attentif de la ‘guerre des douze jours’ de mi 2025, et d’ailleurs annoncé par l’Iran.
Ensemble, les forces américaines et israéliennes ont effectué deux mille frappes aériennes environ en une journée ; une bavure dramatique a lieu dans une école primaire à Minab où deux missiles successifs massacrent 165 jeunes filles ; rapidement, des dizaines d’hôpitaux sont touchés. L’attaque porte essentiellement sur la partie sud-ouest de l’Iran, car les distances à parcourir depuis les bases aériennes et les porte-avions sont grandes, même avec des ravitaillements en vol ; elle s’effectue essentiellement depuis la frontière par tirs de missiles et bombes guidées à moyenne ou longue portée : peu d’avions pilotés US ou israéliens se risquent au-dessus de l’Iran. En effet, la défense aérienne est crainte : à juste titre, car des drones sont abattus quotidiennement. Les attaquants annoncent avoir détruit une grande part du dispositif de missiles iranien. Impossible à confirmer… Les pertes civiles iraniennes auraient dépassé 1400 personnes.
La suite :
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