S'attaquer aux traînées de condensation pourrait retarder de 10 ans le réchauffement climatique dont l’aviation est responsable
Préambule de Ciel voilé à l’article de l’ONG Transport et Environnement
De longue date, Olivier Boucher, spécialiste des nuages pour le GIEC, est l’expert attitré des médias français, mainstream ou non, pour dénoncer la « théorie complotiste des chemtrails », comme le rappelle YouTube sous chaque vidéo sur le sujet, (YouTube appartient à Google).
https://fr.linkedin.com/in/olivier-boucher-7423a928a
Le même Google qui en août 2023 publiait une vidéo sur les « traînées de condensation » : vendre un logiciel aux compagnies aériennes pour éviter les contrails : https://www.youtube.com/watch?v=xBkK7olwjx0
Olivier Boucher, co-fondateur de la start-up Klima Consulting à Paris, a publié en mai 2026 un rapport de 70 pages sur la manière d’éviter les traînées de condensation de l’aviation.
La Commission Européenne continue à financer des projets de recherche (SESAR programme : Digital European Sky) ( Aviation green deal) dont le projet Ciconia ( presque 9 millions d’euros dont 5 payés par l’UE) qui se terminera fin octobre 2026.
https://www.sesarju.eu/projects/CICONIA
https://cordis.europa.eu/project/id/101114613
Wikipédia : « La contribution du secteur aérien mondial au forçage radiatif effectif était estimée à 3,8 % de la contribution anthropogénique totale en 2018. » https://fr.wikipedia.org/wiki/Impact_climatique_du_transport_aerien
Conditions de formation d’une traînée de condensation
Ces traînées apparaissent à la sortie des moteurs (à pistons ou réacteurs) ou en bout d'ailes dès 8 000 m d'altitude si l'hygrométrie dépasse 68 % pour une température de −39 °C
S'attaquer aux traînées de condensation pourrait retarder de 10 ans le réchauffement climatique dont l’aviation est responsable
22 septembre 2026 - Transport et Environnement
Si l’évitement des traînées de condensation est une mesure importante et urgente à mettre en place, elle ne permettra pas à elle seule de réduire l’impact climatique du secteur aérien.
Les traînées de condensation, ces lignes blanches laissées par les avions dans le ciel, contribuent au réchauffement climatique à un niveau similaire aux émissions de CO2 de l'aviation, malgré qu’elles soient produites par un faible nombre de vols.
Un nouveau rapport de Klima Consulting, commandé par T&E et rédigé par Olivier Boucher, ancien scientifique du GIEC, conclut qu’éviter en partie leur formation pourrait retarder de dix ans le réchauffement climatique lié à l'aviation. En commençant les évitements en 2030, la contribution de l'aviation au réchauffement climatique pourrait atteindre 0,08 °C en 2050 plutôt qu'en 2040, avec l’hypothèse d’une réduction de moitié du réchauffement dû aux traînées de condensation. Autrement dit, la mise en œuvre de mesures d'évitement des traînées de condensation permettrait de libérer 3 à 5 points de pourcentage du budget thermique mondial 2025-2050 dans le cadre d'une trajectoire de 2 °C, qui seraient autrement consommés par l'aviation.
Au niveau de trafic actuel, réduire de moitié le réchauffement climatique dû aux traînées de condensation permettrait d'éviter entre 67 et 225 MtCO2e par an [1]. Cela représenterait 7 à 23 % des émissions mondiales de CO2 du secteur aérien en 2025. S’attaquer aux traînées de condensation en modifiant l’itinéraire de vol ou l’heure des vols est l'un des moyens les moins coûteux de réduire l'impact climatique de l'aviation. En 2019, seulement 3 % des vols ont causé 80 % du réchauffement des traînées de condensation, une grande partie des vols les plus impactant ayant lieu la nuit et pendant l'hiver.
« Les traînées de condensation sont une opportunité de victoire rapide pour diminuer l’impact climatique de l'aviation, en parallèle d’autres mesures nécessaires comme le développement de la filière de carburants de synthèse et la modération du niveau de trafic. Nous avons une occasion en or pour lutter contre ces accélérateurs du réchauffement climatique, déclare Jérôme du Boucher, directeur adjoint aviation à T&E. Modifier l’itinéraire ou la programmation de quelques vols pourrait retarder de dix ans la contribution du secteur aérien au réchauffement climatique. Nous savons que cela fonctionne et que c'est peu coûteux, alors pourquoi attendons-nous encore ? »
La suite :
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