La transition énergétique allemande
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« La transition énergétique allemande a jusqu’à présent coûté environ 1 000 milliards d’euros. Et qu’est-ce qu’elle nous a apporté ? Rien », déclare Christian Kullmann, patron du groupe chimique Evonik. « Nous avons une infrastructure de réseau digne de l'Albanie, et il n'y a pas d'hydrogène abordable à l'horizon. (...) Nous aurons besoin du charbon au moins jusqu'en 2033, et probablement plus longtemps. »
Les critiques contre la transition électrique en cours se font de plus en plus vives en Allemagne. Axel Bojanowski, reporter scientifique à WELT fait le bilan :
« L’Allemagne accumule quatre grands blocs de coûts : les dépenses de transition énergétique, qui atteignent des montants de l’ordre du millier de milliards, les mesures destinées à amortir les prix de l’électricité, les achats de droits d’émission de CO₂ auprès d’autres États membres de l’UE et, enfin, les aides climatiques internationales, dont l’Allemagne est le premier contributeur.
- La Cour fédérale des comptes allemande a relevé en 2024 que l’accessibilité financière de l’approvisionnement électrique était déjà remise en question. Pour le seul développement des réseaux électriques, les investissements pourraient dépasser 460 milliards d’euros d’ici 2045, mais le ministère fédéral de l’Économie ne prendrait jusqu’ici pas en compte ces coûts systémiques. Selon la Cour des comptes, les aides ponctuelles de l’État donnent « une image fausse des coûts réels de la transformation ».
- Une étude de la DIHK chiffre les coûts d’approvisionnement nécessaires d’ici 2050 à environ 5 500 milliards d’euros. Des moyens mobilisés pour disposer d’autant d’électricité qu’avant la transition énergétique, mais avec cette spécificité d'une électricité moins fiable, plus fluctuante et plus chère.
- L’État fédéral dépense environ 30 milliards d’euros par an pour contenir le prix de l’électricité renchéri par la transition énergétique. Une somme qui dépasse le budget du ministère de la Recherche et de l’Éducation…
- Par-dessus le marché, l’Allemagne se présente comme le premier financeur des aides climatiques internationales. Avec près de 12 milliards d’euros, dont 6,1 milliards provenant du budget fédéral, elle alimente une véritable industrie de l’aide, avec des milliers de bénéficiaires, y compris dans les ONG.
🛂 Le fait que l’Allemagne finance des pistes cyclables au Pérou, des formations à la conduite de rickshaws pour des personnes trans en Inde, des « espaces publics verts et sensibles au genre » au Rwanda, ou encore des « mosquées vertes » et des prêches climatiques au Maroc, paraît pour le moins audacieux lorsqu’on constate, en Allemagne même, qu’en période de chaleur, certains blocs opératoires ne disposent pas de climatisation.
Ce qui est particulièrement amer, c’est que malgré ses dépenses considérables en faveur du climat, l’Allemagne accumule encore des risques financiers de plusieurs milliards. En raison de son bilan CO₂ insuffisant, elle devra acheter à d’autres États membres de l’UE des certificats d’émission de CO₂ — pour une somme qui pourrait atteindre 38 milliards d’euros.
L’Allemagne mène sa politique climatique comme si le chemin le plus coûteux était moralement supérieur. En réalité, le chemin le plus coûteux est le plus stupide. »
8:31 AM · 22 juil. 2026 17,4 k vues
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