Canicule et énergie en France et en Allemagne
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Pendant les journées de forte chaleur, l’Allemagne a surtout débattu des réacteurs nucléaires français. Les données montrent pourtant que ce ne sont pas les 57 réacteurs nucléaires français qui se sont révélés les plus vulnérables aux fortes chaleurs, mais les plus de 30 000 éoliennes allemandes.
L’analyse de la NZZ montre que la production éolienne allemande s’est largement effondrée. La raison est ce que l’on appelle une “panne de vent sous chaleur” : beaucoup de soleil, très peu de vent. Au pic de l’épisode, les 23 et 24 juin, les éoliennes allemandes n’ont ainsi fourni en moyenne quotidienne qu’environ 45 gWh d’électricité. Les centrales nucléaires françaises en ont produit environ 900 - soit près de 20 fois plus. Au plus fort de l’épisode de faible vent, pendant la journée, plus de 70 % de la production électrique allemande provenait parfois du photovoltaïque.
Le soir, l’image s’inversait : jusqu’à 70 % provenait alors de centrales fossiles. Et l’électricité était en plus très chère. Le 24 juin, peu avant 21 heures, le prix de gros a grimpé à 747 euros le mégawattheure. Ce n’était pas un pic isolé : l’an dernier, en juin, le prix de l’électricité n’avait dépassé 300 euros/MWh à aucun quart d’heure. En juin 2026, il a franchi ce seuil 76 fois, réparties sur 9 jours... La France est restée exportatrice nette d’électricité pendant toute la vague de chaleur, tandis que l’Allemagne importait de grandes quantités, en particulier le soir et la nuit.
Cela s’est également vu dans les émissions : pendant l’épisode de faible vent du 16 juin au 1er juillet, l’écart est resté considérable : l’Allemagne était en moyenne à un peu plus de 350 grammes de CO₂ par kilowattheure, la France autour de 35 grammes. Comme le conclut NZZ, « La vague de chaleur n’a donc pas mis en lumière la faiblesse de l’énergie nucléaire, mais celle de la transition énergétique allemande. https://www.nzz.ch/der-andere-blick/die-legende-vom-stillstand-der-franzoesischen-atomkraftwerke-ld.10015071
L’image que certaines parties de la politique et des médias allemands ont donnée du système électrique français était donc trompeuse. Le véritable problème s’est révélé dans leur propre pays : la dépendance de l’approvisionnement électrique allemand à la météo et aux centrales fossiles. Mais cela, peu l’ont raconté.
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