Derrière l’acte d’accusation politisé du ministère américain de la Justice contre Maduro : un « réseau » créé par la CIA et un témoin clé contraint à témoigner
Max Blumenthal – Le 6 janvier 2026 – mondialisation.ca
Le raid militaire américain du 3 janvier au Venezuela visant à kidnapper le président Nicolas Maduro et la première dame Cilia Flores a été suivi de la publication par le ministère de la Justice de son nouvel acte d’accusationcontre les deux personnes enlevées ainsi que leur fils, Nicolasito Maduro, et deux proches alliés politiques : l’ancien ministre de la Justice Ramon Chacin et l’ancien ministre de l’Intérieur, de la Justice et de la Paix Diosdado Cabello. Le ministère de la Justice a également ajouté le chef du cartel Tren De Aragua (TDA), Hector “Niño” Guerrero, à la liste des accusés, le plaçant au cœur de son récit.
L’acte d’accusation, long de 25 pages, accuse Maduro et Flores d’avoir conspiré pour faire passer “des milliers de tonnes de cocaïne aux États-Unis”, s’appuyant largement sur les témoignages de témoins contraints de témoigner au sujet de livraisons présumées qui auraient eu lieu en grande partie en dehors de la juridiction américaine. Il accuse Maduro d’avoir “collaboré avec des narco-terroristes” comme le TDA, ignorant une récente évaluation des services de renseignement américains qui concluait qu’il n’avait aucun contrôle sur le gang vénézuélien. Enfin, les procureurs ont plombé l’acte d’accusation en inculpant Maduro de “possession de mitrailleuses”, une infraction risible qui pourrait facilement s’appliquer à des centaines de milliers d’Américains amateurs d’armes à feu en vertu d’une loi archaïque de 1934.
Les procureurs du ministère de la Justice évitent soigneusement de fournir des données précises sur les exportations de cocaïne vénézuélienne vers les États-Unis. Ils parlent tantôt de “tonnes de cocaïne”, tantôt font référence à des expéditions de “milliers de tonnes”, un chiffre astronomique générant théoriquement des centaines de milliards de dollars de revenus. À aucun moment ils ne mentionnent le fentanyl, la drogue responsable de la mort par overdose de près de 50 000 Américains en 2024. En fait, l’évaluation nationale de la menace liée à la drogue publiée cette année sous la présidence de Trump mentionne à peine le Venezuela.
En recourant à un langage vague et délibérément expansif, truffé de termes subjectifs tels que “corrompu” et “terrorisme”, le ministère de la Justice a construit un discours politique contre Maduro plutôt qu’un dossier juridique concret. Tout en qualifiant à plusieurs reprises Maduro de “dirigeant de facto… illégitime du pays”, le ministère de la Justice ne parvient pas à démontrer qu’il n’est pas illégitime de jure au regard du droit vénézuélien, et ne pourra donc pas contourner les précédents juridiques internationaux établis accordant l’immunité aux chefs d’État.
La suite :
/image%2F1416990%2F20220903%2Fob_da6312_logo-2022-2.jpg)
/image%2F1416990%2F20260107%2Fob_cb2d83_capture-decran-le-2026-01-06-a-12-36-5.png)