Leïla Shahid, une voix pour la Palestine et l’éclat d’un héritage culturel
Mohamed Lotfi – Le grand soir – Le 22 février 2026
Leïla Shahid est décédée aujourd’hui à l’âge de 77 ans. D’autres rappelleront mieux que moi son rôle central dans la diplomatie palestinienne et son engagement constant pour donner à cette noble cause une visibilité durable en Europe.
Je voudrais, pour ma part, évoquer la mémoire d’une femme à travers le souvenir de sa mère, que j’ai connue à Montréal, et rappeler combien, chez les Shahid, le combat politique s’est toujours accompagné d’un combat culturel.
Née à Beyrouth en 1949 dans une grande famille palestinienne originaire de Jérusalem, Leïla Shahid a très tôt lié son destin à celui de son peuple. Diplômée de l’Université américaine de Beyrouth puis de la Sorbonne, elle s’engage dès les années 1970 dans le mouvement étudiant palestinien. En 1976 déjà, elle milite activement pour la reconnaissance des droits nationaux palestiniens.
À partir de 1994, elle devient représentante de l’Organisation de libération de la Palestine en France. Elle occupera ensuite des fonctions diplomatiques auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg. Son nom restera associé à une parole ferme et mesurée dans les médias européens, notamment lors des années les plus tendues de la seconde Intifada. Par son éloquence et sa maîtrise des codes diplomatiques occidentaux, elle a contribué à inscrire la question palestinienne dans le débat public européen avec une rare constance.
Je n’ai jamais rencontré Leïla. En revanche, j’ai passé une journée entière avec sa mère, Sirine Husseini Shahid, ici à Montréal, en 1988. Cette rencontre m’a permis de comprendre la source de cette dignité qui caractérisait sa fille.
La suite :
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