L’Amérique, État voyou
L’Amérique, État voyou
Chris Hedges – Le 8 janvier 2026 – mondialisation.ca
La classe dirigeante des États-Unis, coupée de la réalité et aveuglée par l’idiotie, la cupidité et l’orgueil, a sacrifié les mécanismes internes prévenant la dictature, et les mécanismes externes protégeant le pays contre un monde anarchique dominé par le colonialisme et la diplomatie de la canonnière.
Nos institutions démocratiques sont moribondes. Elles sont incapables ou peu disposées à contenir notre classe dirigeante de gangsters. Le Congrès, infesté de lobbyistes, n’est plus qu’un organe inutile. Il a depuis longtemps renoncé à son autorité constitutionnelle, y compris au droit de déclarer la guerre et d’adopter des lois. L’année dernière, il n’a transmis que 38 projets de loi à Donald Trump pour approbation. La plupart de ces projets de loi sont des résolutions de “désapprobation” annulant les décrets adoptés par l’administration Biden. Trump gouverne par décret impérial, par le biais de décrets présidentiels. Les médias, propriété de sociétés et d’oligarques tels que Jeff Bezos et Larry Ellison, justifient les crimes d’État, notamment le génocide en cours des Palestiniens, les attaques contre l’Iran, le Yémen et le Venezuela, ou encore le pillage perpétré par la classe des milliardaires. Nos élections, gangrenées par l’argent, ne sont plus qu’une parodie. Le corps diplomatique, chargé de négocier traités et accords, de prévenir les guerres et établir des alliances, a été démantelé. Les tribunaux, malgré quelques jugements courageux, notamment le blocage du déploiement de la Garde nationale à Los Angeles, Portland et Chicago, sont les laquais du pouvoir des entreprises et sont supervisés par un ministère de la Justice dont la fonction principale est de faire taire les ennemis politiques de Trump.
Le Parti démocrate, à la solde des entreprises, notre prétendue opposition, bloque le seul mécanisme susceptible de nous sauver, à savoir les mouvements populaires de masse et les grèves, tout en sachant que sa direction corrompue et impopulaire sera balayée. Les dirigeants du Parti démocrate traitent Zohran Mamdani, le maire de New York, une lueur d’espoir dans l’obscurité, comme s’il était atteint de la lèpre. Ils préfèrent laisser le navire couler plutôt que de renoncer à leur statut et à leurs privilèges.
Les dictatures sont unidimensionnelles. Elles réduisent la politique à sa forme la plus primitive : “Faites ce que je dis ou je vous détruirai”.
Les nuances, la subtilité, les compromis, mais aussi l’empathie et la compréhension, vont au-delà de la bande passante cognitive limitée des gangsters, y compris du gangster en chef.
Les dictatures sont le paradis des voyous. Les gangsters, qu’ils se trouvent à Wall Street, dans la Silicon Valley ou à la Maison Blanche, cannibalisent leur propre pays et pillent les ressources naturelles d’autres pays.
Les dictatures inversent l’ordre social. L’honnêteté, le sens du travail, la compassion, la solidarité et le sacrifice de soi sont des vertus négatives. Ceux qui les incarnent sont marginalisés et persécutés. Seuls les individus sans cœur, corrompus, menteurs, cruels et médiocres arrivent à leurs fins.
Les dictatures octroient aux voyous les moyens de paralyser leurs victimes, sur le territoire national comme à l’étranger. Des voyous comme ceux de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) par exemple.
Les voyous de la Delta Force, des Navy Seals et des forces spéciales (Black Ops) de la CIA, qui, comme tout Irakien ou Afghan peut vous le dire, sont les escadrons de la mort les plus meurtriers de la planète. Les voyous du FBI et de la DEA, que l’on a vus escorter le président Nicolás Maduro menotté à New York, du DHS et des services de police.
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