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Top 10 des géants de l'agrobusiness en 2025
Introduction
La publication en 2022 par ETC Group de Food Barons, littéralement « Les barons de l’agroalimentaire », révélait la concentration croissante du pouvoir des entreprises dans le système alimentaire industriel1. Elle documentait l’essor des fusions et acquisitions, l’influence croissante du capital financier, ainsi que la pénétration de la numérisation et d’autres technologies de rupture dans les chaînes d’approvisionnement des entreprises2.
Pendant la pandémie de Covid, puis avec le déclenchement de la guerre en Ukraine, ces entreprises ont montré comment, lors de chocs ou de crises mondiales, elles pouvaient tirer parti de leur pouvoir de monopole pour engranger des profits obscènes, avec des incidences majeures sur les populations du monde entier3. Trois ans plus tard, la guerre se poursuit en Ukraine, tandis que de nouveaux con f lits et génocides font rage en Palestine, au Soudan et en République démocratique du Congo.
Les États-Unis mènent une guerre commerciale mondiale, les températures mondiales atteignent des niveaux records, et des maladies à potentiel pandémique (comme la grippe aviaire) continuent de provoquer des perturbations importantes4.
La situation reste plus instable que jamais et, pourtant, la concentration économique dans le système alimentaire ne cesse de progresser5. Dans ce rapport, nous dressons un état des lieux de la concentration des entre prises dans six secteurs essentiels à l’agriculture : semences commerciales, pesticides, engrais de synthèse, machines agricoles, produits pharmaceutiques vétérinaires et génétique animale.
La concentration économique s’est renforcée dans la majorité de ces secteurs, dont quatre – semences, pesticides, machines agricoles et produits pharmaceutiques vétérinaires – répondent à la définition d’un oligopole, puisque quatre entreprises y détiennent plus de 40 % du marché6. La concentration peut être encore plus forte au niveau national, comme dans le cas des engrais de synthèse.
Dans le domaine de la génétique animale, où les informations accessibles au public sont rares, nous nous concentrons sur la filière de la volaille, la plus importante du secteur de la viande, et sur son niveau de concentration économique extrême de longue date.
Ce rapport met également en évidence les investissements des entreprises dans les nouvelles technologies, telles que les plateformes numériques, l’intelligence artificielle (IA) et l’édition génomique, qui devraient encore renforcer la mainmise des entreprises sur le système alimentaire. Il s’intéresse également à la manière dont ces multinationales rachètent des entreprises plus petites dans des secteurs devenus stratégiques, et forgent des alliances avec des entreprises de la Big Tech et d’autres grandes entre prises du secteur agroalimentaire afin d’étendre leur domination, depuis les semences jusqu’aux supermarchés7.
La concentration donne aux entreprises un pouvoir accru pour dicter les prix et faire pression sur les décideurs politiques. Elles peuvent utiliser ce pouvoir pour entraver la recherche scientifique, bloquer les réglementations visant à protéger la santé des populations et l’environnement, et affaiblir la participation démocratique à l’élaboration des systèmes alimentaires8. La concentration renforce leur capacité à écraser les alternatives et à garantir l’expansion d’un modèle agricole immensément lucratif pour elles, mais extrêmement destructeur pour les populations et la planète.
Le système alimentaire industriel est responsable d’un tiers des émissions mondiales de gaz à 2 Top 10 des géants de l’agrobusiness effet de serre, et constitue la principale source de pollution des sols et de l’eau et de perte de biodiversité9. Il détruit les systèmes alimentaires et les économies locales, chasse les paysan·nes et les peuples autochtones de leurs territoires et les contraint à migrer loin de chez eux. Il repose également sur l’exploitation massive des travailleurs et travailleuses10. Il est urgent de prendre des mesures pour démanteler le pouvoir monopolistique de ces entreprises et redonner le pouvoir aux personnes qui produisent, transforment, distribuent et consomment l’alimentation dans le monde
Mercosur : l'UE tue l'agriculture française pour sauver l'industrie allemande ! - Guy de la Fortelle
Une étude scientifique sur l'utilisation du glyphosate comme désherbant dans la production avicole met en évidence des menaces sanitaires exceptionnelles.
(Beyond Pesticides, 26 août 2025)
Une revue scientifique publiée dans le World’s Poultry Science Journal met en évidence les effets néfastes sur la santé des espèces aviaires de l’exposition au glyphosate (Roundupᵀᴹ), un désherbant largement utilisé, tout au long du processus de production avicole. L’herbicide pénètre dans le système de production avicole par l’intermédiaire de résidus présents dans les aliments génétiquement modifiés. Un article antérieur paru dans Scientific Reports conclut que « l’application généralisée du glyphosate (BPL) sur les cultures fourragères laisse des résidus dans les aliments », tandis que les résidus sont « courants dans les œufs conventionnels achetés en épicerie ». En analysant les impacts biochimiques, toxicologiques et écologiques du glyphosate sur la volaille, en particulier les poulets, les auteurs trouvent un large éventail de preuves reliant le glyphosate et son métabolite (produit de dégradation), l’acide aminométhylphosphonique (AMPA), à des dangers débilitants qui vont au-delà de la mortalité. Ces effets sublétaux comprennent la perturbation du microbiome intestinal et les maladies gastro-intestinales, une baisse de la productivité et une santé reproductive diminuée, toxicité hépatique et rénale ; impacts sur la croissance et le développement, notamment tératogénicité et embryotoxicité ; perturbation endocrinienne et stress oxydatif ; et altération des fonctions immunitaires.
Les effets du glyphosate, documentés depuis longtemps dans la littérature scientifique et traités ici par Beyond Pesticides, vont des impacts négatifs sur la biodiversité et l'environnement aux risques pour la sécurité alimentaire et aux implications pour la santé humaine. Des résidus de glyphosate et d'AMPA « ont été détectés dans les sols, les cultures, les aliments pour animaux, la volaille et les sources d'eau, ce qui incite à s'interroger sur leurs effets à long terme », indiquent les auteurs. Ils ajoutent : « Des études indiquent que le glyphosate perturbe les voies enzymatiques, notamment en inhibant le système du cytochrome P450, entraînant un stress oxydatif, une perturbation endocrinienne et un dysfonctionnement mitochondrial. Il a été associé à une toxicité hépatique et rénale, à des altérations du microbiote intestinal, à des troubles de la reproduction, à des anomalies du développement et à une possible cancérogénicité, bien que les organismes de réglementation restent divisés sur sa classification comme cancérogène. » Le Centre international de recherche sur le cancer, qui fait partie de l'Organisation mondiale de la santé, a classé le glyphosate comme cancérigène, tout comme des études scientifiques indépendantes évaluées par des pairs. (Voir plus ici et ici.)
L'omniprésence des résidus de glyphosate dans l'environnement et les organismes résulte de l'utilisation généralisée de ce produit chimique toxique en foresterie, en agriculture, en aménagement paysager et en jardinage. Plus de 750 herbicides contiennent du glyphosate comme principe actif, et il joue également un rôle important dans la production de cultures génétiquement modifiées (OGM), « environ 80 % des cultures OGM étant spécifiquement sélectionnées pour leur tolérance aux BPL ».
Les formulations d'herbicides à base de glyphosate (GBH) contiennent non seulement du glyphosate, mais aussi d'autres ingrédients inertes (non divulgués), tels que des adjuvants qui augmentent la toxicité. Un adjuvant courant dans les produits GBH est l'amine de suif polyéthoxylée (POEA), dont les chercheurs ont découvert qu'elle pouvait tuer les cellules humaines, en particulier les cellules embryonnaires, placentaires et du cordon ombilical.
Effets sur la volaille
Les résidus de glyphosate présents dans les aliments pour animaux, ainsi que dans l'eau et par d'autres voies d'exposition, présentent des risques pour la santé animale et humaine, car ils peuvent se bioaccumuler et se bioamplifier tout au long de la chaîne alimentaire. Compte tenu de la forte dépendance au maïs et au soja dans l'alimentation des volailles, les cultures OGM constituent une source d'exposition importante pour ces animaux.
« La présence de résidus de BPL dans les aliments pour volailles suscite des inquiétudes quant à leurs effets potentiels sur la santé des oiseaux, notamment des perturbations du microbiote intestinal, un stress oxydatif et une productivité globale », écrivent les auteurs. Ils poursuivent : « À l’échelle mondiale, environ 57 % de la production de maïs et 85 % de la production de soja sont destinés à l’alimentation animale. Plusieurs études ont examiné les effets de l’alimentation de diverses espèces d’animaux d’élevage avec des cultures génétiquement modifiées tolérantes au glyphosate. Ces recherches ont porté sur des vaches laitières, des bovins et des poulets, soulignant l’impact potentiel des résidus de glyphosate sur la croissance des volailles, leur fonction immunitaire et leur santé reproductive.» (Voir le Daily News ici et ici, avec la couverture des études sur la viande contaminée.)
Toxicité hépatique et rénale
Des études montrent que les reins et le foie sont parmi les premiers organes à être touchés par les intoxications alimentaires et les maladies d’origine alimentaire. D’autres recherches montrent que les résidus de glyphosate présents dans les aliments peuvent ensuite affecter divers systèmes chez les animaux, notamment le foie, les intestins, les reins et les poumons, et altérer l’activité enzymatique. (Voir ici et ici.)
Une étude sur des poulets éclos exposés au glyphosate seul et au Roundupᵀᴹ a montré « des altérations histopathologiques des reins et du foie, ainsi que des déséquilibres des paramètres sériques et diverses modifications biochimiques de ces organes, susceptibles d'altérer leur fonctionnement ».
Stress oxydatif
L'exposition au glyphosate peut induire un stress oxydatif et des lésions lipidiques, protéiques et de l'ADN. Des recherches antérieures (voir ici, ici et ici) montrent comment le glyphosate
L'hosate et l'AMPA sont génotoxiques et associés à des dommages oxydatifs. Une étude montre que le glyphosate augmente la production d'espèces réactives de l'oxygène (ERO) dans le foie et l'intestin grêle des poulets. L'exposition chronique à des produits contenant du glyphosate chez les reproducteurs de poulets de chair fragilise les coquilles d'œufs et retarde la croissance des organes embryonnaires, le stress oxydatif étant la cause.
Toxicité gastro-intestinale
Le glyphosate diminue la biodisponibilité des enzymes du cytochrome (CYP), essentielles au métabolisme, dans les organes des poulets. Une étude montre que le glyphosate inhibe spécifiquement les enzymes CYP P450 dans le foie et l'intestin grêle des poulets. Les poussins exposés au glyphosate présentent également une fonction hépatique altérée et un métabolisme lipidique altéré, ce qui entraîne un stress oxydatif et des dépôts de graisse dans le sang et les tissus hépatiques en raison de l'expression accrue des gènes liés à la lipogenèse, due à son effet perturbateur sur les enzymes du cytochrome P450.
Des études complémentaires (voir ici, ici et ici) montrent une perturbation du microbiome intestinal chez le bétail et la volaille, où le glyphosate réduit les bactéries bénéfiques et renforce la résistance des souches pathogènes. Ces effets peuvent entraîner l'apparition de maladies gastro-intestinales chroniques. Une étude sur la structure intestinale des poussins a montré que le glyphosate altère les intestins, réduit la capacité antioxydante, induit une inflammation et provoque une régulation négative des gènes dans l'intestin grêle.
Impact sur la reproduction
Des recherches antérieures montrent qu'une exposition chronique à des herbicides contenant du glyphosate peut avoir un impact sur la survie, la croissance, l'activité et la reproduction des organismes, y compris des poulets. (Voir ici, ici et ici.) Une étude sur des coqs exposés chroniquement et subtoxiquement au glyphosate montre une diminution de la testostérone plasmatique et une baisse de leur pic de reproduction. Une autre étude révèle un effet significatif sur les caractéristiques histopathologiques [tissus malades] des testicules du coq, ainsi que sur la motilité des spermatozoïdes, facteur clé de la qualité du sperme. Des recherches complémentaires montrent une altération du sperme chez les coqs nourris avec un régime contenant du glyphosate, ce qui entraîne des « troubles métaboliques chez la progéniture, probablement dus à des effets épigénétiques ».
Conséquences du glyphosate sur la productivité et la performance
Plusieurs études ont classé les formulations d'herbicides à base de glyphosate comme tératogènes, provoquant des anomalies du développement du fœtus ou de l'embryon, et embryotoxiques, entraînant des dommages ou la mort des embryons pendant le développement. Une étude sur des cailles a montré que le glyphosate s'accumulait dans les œufs, endommageant les lipides (graisses) du cerveau des embryons en développement. Cette étude révèle également que les résidus de glyphosate présents dans les aliments ralentissent le développement du plumage et persistent dans les œufs, les muscles et le foie des oiseaux.
Une autre étude sur des poulets montre que « l'exposition au GLP a entraîné une réduction significative de l'expression de gènes clés liés à la productivité ». L'exposition directe aux HBG dans les œufs de poules pondeuses induit des effets tératogènes, avec des conséquences négatives sur la croissance et le développement embryonnaires, ainsi que sur la mortalité embryonnaire. (Voir les recherches ici et ici.)
Des modifications des paramètres sanguins, des effets indésirables sur le développement du tube digestif et une perte de poids corporel sont observés chez les poules exposées au glyphosate. Des effets sur la reproduction et le développement, notamment la qualité de la coquille et le développement embryonnaire, sont également associés aux concentrations de glyphosate et d'AMPA dans le jaune d'œuf. Une autre étude montre qu'une baisse du taux d'éclosion est associée à des concentrations plus élevées de résidus de glyphosate dans l'alimentation des reproducteurs de poulets de chair.
Lacunes réglementaires et solution biologique
Malgré des preuves scientifiques de plus en plus nombreuses qui continuent d'associer le glyphosate à des effets néfastes chez un large éventail d'espèces, la réglementation actuelle ne protège pas la santé et l'environnement. Les processus réglementaires, tels que ceux utilisés par l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), ignorent également les facteurs qui augmentent la toxicité de ces produits chimiques déjà nocifs, tels que les synergies, les mélanges et les ingrédients inertes. « Les évaluations de sécurité actuelles se concentrent principalement sur le glyphosate pris isolément, négligeant les effets toxiques synergétiques des formulations commerciales et leur capacité de bioaccumulation dans les tissus adipeux », soulignent les auteurs.
Ils ajoutent : « De plus, la toxicité accrue des formulations commerciales de glyphosate, influencée par des coformulants tels que la POEA [polyoxyéthylène suif amine], conjuguée à l'interférence du glyphosate avec le microbiote intestinal, les enzymes du cytochrome P450 et les fonctions endocriniennes, souligne la nécessité d'évaluations des risques cumulatifs et d'études à long terme tenant compte de la variabilité des espèces, de la bioaccumulation et des effets synergétiques. »
Ces lacunes dans la réglementation des pesticides pétrochimiques et des engrais de synthèse soulignent l'urgente nécessité d'adopter à grande échelle des alternatives plus sûres. L'approche holistique de l'agriculture biologique et de la gestion des terres protège tous les organismes, y compris les humains, et l'environnement en éliminant les toxines nocives.
Les toxiques et l'accent mis sur la santé des sols. Cela permet également d'atténuer les crises actuelles de biodiversité, de santé publique et de changement climatique, entre autres avantages.
Des articles précédents du Daily News montrent que les viandes biologiques sont également plus sûres à consommer. Pour en savoir plus, consultez les articles « Viandes conventionnelles contaminées par des bactéries multirésistantes, à des taux significativement plus élevés que les viandes biologiques » et « La conversion à l'élevage de volaille biologique réduit le risque de bactéries résistantes aux antibiotiques ». Des recherches supplémentaires montrent que l'élevage de volaille biologique présente des avantages pour la santé et les finances. Deux études révèlent le potentiel de l'élevage de volaille biologique à réduire significativement les risques pour la santé humaine liés aux agents pathogènes alimentaires, ainsi que le coût pour la société du traitement et de l'élimination de ces agents pathogènes.
Source :
Fathi, M. et al. (2025) Glyphosate in poultry production: health risks, toxicity, and environmental impact, World’s Poultry Science Journal. Disponible à l’adresse : https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/00439339.2025.2542410
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La France condamnée à revoir ses procédures d'autorisation des pesticides
France-Soir avec AFP Publié le 03 septembre 2025 - 16:28
La France condamnée, ce mercredi à revoir ses procédures d'autorisation des pesticides, jugées par la justice insuffisantes pour garantir le maintien de la biodiversité et la protection de la santé.
Dans cette affaire dite "Justice pour le vivant", l'arrêt de la cour administrative d'appel de Paris a été salué par les associations de défense de l'environnement qui avaient lancé la procédure. L'une d'elles, Pollinis, l'a qualifié dans un communiqué de "victoire historique" et a appelé le gouvernement à se plier à cette décision, sans saisir la plus haute juridiction administrative, le Conseil d'État.
La Cour reconnaît l'existence d'un "préjudice écologique résultant de l'usage des produits phytopharmaceutiques", notamment envers "la santé humaine", et ordonne, pour le réparer, "un réexamen des autorisations de mise sur le marché déjà délivrées", a-t-elle résumé dans un communiqué accompagnant la décision.
"Il est enjoint à l'État de mettre en œuvre une évaluation des risques présentés par les produits phytopharmaceutiques à la lumière du dernier état des connaissances scientifiques, notamment en ce qui concerne les espèces non ciblées", selon l'arrêt.
Les services de l'État français se voient reprocher d'avoir méconnu les exigences du règlement européen qui encadre la commercialisation des pesticides, édicté en 2009. Ce texte oblige les pesticides à ne pas avoir "d'effet nocif immédiat ou différé sur la santé humaine ou animale" ni "d'effets inacceptables sur les végétaux ou sur l'environnement".
L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), chargée d'évaluer et d'autoriser la mise sur le marché des pesticides, "a commis une faute en ne procédant pas à l'évaluation des produits phytopharmaceutiques au vu du dernier état des connaissances scientifiques", souligne la cour dans son communiqué.
La suite :
Trop de cadmium dans les engrais, les sols, les céréales et le corps de Français
Vendredi 06/06/2025 – Plein Champ
Les Médecins libéraux lancent l’alerte sur le risque sanitaire lié au métal lourd cancérigène, présent dans les engrais phosphatés, avant d’entrer dans la chaine alimentaire et d’imprégner dangereusement la population via la consommation de céréales, de pommes de terre et leurs produits dérivés. Ils réclament, entre autres, l’application de la recommandation de l’Anses sur la charge maximale en cadmium des engrais phosphatés.
Un métal considéré comme un des plus grands toxiques comme le documentent plus de 16.000 articles scientifiques. Un métal qui persiste et s’accumule dans l’organisme au fil des années du fait d'une demi-vie comprise entre 20 à 30 ans. Une imprégnation moyenne au cadmium de la population qui a quasiment doublé entre l’Etude nationale nutrition santé (ENNS) de 2006-2007 et l’étude Esteban de 2014-2016 pour s’établir 0,57 µg/g de créatinine quand l’Anses fixe à 0,50 µg/g la valeur toxicologique de référence (VTR). Près d’un Français sur deux (47%) qui dépasse déjà la VTR, dont 18 % des enfants. Plus d’un enfant de moins de 3 ans sur trois (36%) qui dépasse la VTR. Pire, dans Esteban, les enfants de 6-10 ans avec des valeurs supérieures aux 10-18 ans et qui dépassent la valeur moyenne des adultes français de l’étude ENNS.
Ce n’est pas tout. Le cadmium, un métal dont les liens sont multiples avec des pathologies telles des cancers (notamment pancréas et rein dont l’augmentation de l’incidence en France est spectaculaire), des maladies cardiovasculaires, des troubles de fertilité, des maladies rénales, des troubles osseux… « Des études sur le risque cardiovasculaire montre que, à la valeur de 0.50µg/g de créatinine, le surrisque moyen de pathologies cardiovasculaires est multiplié par 2.79. Des études sur le risque de mortalité globale et le risque de mortalité par cancer montrent que, plus vous êtes contaminé, plus votre surrisque augmente ». Telles sont les alertes lancées par la Confédération nationale des Unions Régionales de Professionnels de Santé - Médecins Libéraux (CN-URPS -Médecins Libéraux), dans une lettre ouverte au Premier ministre, avec copie aux ministres en charge de la Santé, de l’Agriculture, de la Transition écologique et des Affaires étrangères.
La suite :
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