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Ciel Voilé

Brevets et « traits natifs » : contournement des limites du droit européen

3 Août 2026, 17:41pm

Brevets et « traits natifs » : contournement des limites du droit européen

Denis MESHAKA  Publié le 07/07/2026, modifié le 09/07/2026

 

Depuis plus d’une décennie, les institutions européennes cherchent à empêcher l’appropriation par brevets de plantes et de caractères obtenus exclusivement par des procédés essentiellement biologiques. Pourtant, des brevets relatifs à des « traits natifs » continuent de couvrir indirectement ces caractères au moyen de revendications portant sur des éléments techniques associés. La récente déréglementation des OGM/NTG inquiète quant au risque de voir ces brevets s’étendre à des plantes issues de la sélection et multiplication traditionnelles, non brevetables, et contenant donc naturellement de tels « traits natifs ».

Rob Oo - Le nouvel Office européen des brevets à Rijswijk (Pays-Bas).

 

Le droit européen des brevets cherche depuis plusieurs années à exclure de la brevetabilité les plantes obtenues exclusivement par des procédés essentiellement biologiques (PEB) et les caractères ou « traits natifs » qu’elles expriment. Néanmoins, les revendications de brevets portant sur les éléments techniques associés à de tels traits, tels que les marqueurs moléculaires, séquences génétiques ou méthodes de détection et/ou d’identification associés font débat. Ces éléments peuvent, en effet, constituer le fondement de brevets dont la portée dépasse le seul aspect technique pour concerner, indirectement, des caractères déjà présents dans la biodiversité.

Les « traits natifs » au cœur d’un débat juridique

 

Un « trait natif » correspond au caractère agronomique associé dans une espèce à un gène ou à un ensemble de gènes : résistance à une maladie, tolérance à un stress climatique, amélioration d’une caractéristique de qualité… Selon la « théorie », le trait, aussi dénommé « caractère phénotypique », est l’expression observable d’un ou plusieurs « gènes ». En l’absence de définition juridique, un « gène natif » désigne quant à lui, dans le vocabulaire convenu, une séquence génétique déjà présente dans la diversité d’une même espèce végétale et de celles avec lesquelles elle peut se croiser naturellement, qu’elles soient cultivées ou sauvages.

 

Depuis plus d’une décennie, la question de la brevetabilité lié à de tels traits alimente un important débat européen. À la suite des décisions dites « Brocoli » et « Tomate »i de l’Office européen des brevets (OEB) en 2015, les institutions européennes ont progressivement affirmé leur volonté d’empêcher l’appropriation par brevet de plantes et de caractères ou traits obtenus exclusivement par des PEB. En décembre 2015, dans une résolution sur les brevets et les droits d’obtention végétale, le Parlement européen disposait ainsi que « les produits obtenus par des PEB tels que les végétaux, les semences, les caractères et les gènes natifs ne devraient pas être brevetables » (considérant D)ii.

 

Cette orientation s’est traduite par une modification de l’article 28 du règlement d’exécution de la Convention sur le brevet européen (CBE) en 2017, puis par la décision G3/19 de la Grande Chambre de recours de l’OEB en mai 2020. Celle-ci a confirmé que les plantes et animaux obtenus exclusivement par des PEB ne sont pas brevetables. Cette décision n’était toutefois pas rétroactive et ne concernait ni les brevets, ni les demandes de brevets, antérieurs au 1er juillet 2017. Des brevets couvrant de tels plantes et animaux sont donc en vigueur jusqu’en juillet 2037iii.

 

La suite :

 

https://infogm.org/brevets-et-traits-natifs-contournement-des-limites-du-droit-europeen/

 

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Dépollution de l’eau potable : stratégies et pistes de financement

3 Août 2026, 17:18pm

Dépollution de l’eau potable : stratégies et pistes de financement

 

Publié le 30/07/2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Guillaume Choisy, Céline Debrieu-Levrat (IGEDD), Johanna Buchter, Anne-Caroline Sandeau-Gruber (IGAS), Gilles Crosnier, Eric Collin (CGAAER)

Face à la pollution de l'eau potable par les PFAS et les pesticides, la mission inter-inspections évalue l'ampleur des coûts potentiels et propose une stratégie d'actions graduée et territorialisée. Celle-ci combine actions préventives et curatives pour assurer la protection des populations. Elle s’appuie sur une participation accrue des principaux émetteurs de PFAS et de pesticides aux coûts de la dépollution, afin de contenir l’augmentation inévitable du prix de l'eau.

En 2024, un peu plus de 29 % de la population française a été exposée, dans les eaux destinées à la consommation humaine, à la présence de pesticides ou de composés per- et  poly-fluoroalkylés (PFAS), polluants chimiques d’origine humaine, à des niveaux de concentration dépassant les limites de qualité européennes.

Les situations ayant nécessité une restriction de consommation de l’eau du robinet pour des raisons sanitaires restent rares. Toutefois, la difficulté à mesurer l’ensemble des pollutions, le caractère persistant et l’usage continu de certaines molécules, ainsi que l’élargissement du périmètre des substances détectées ou réglementées, laissent craindre une hausse des non-conformités de l’eau potable dans les années à venir.

Une situation préoccupante pour la santé

Cette situation est préoccupante pour la santé des populations (exposition chronique et effets cocktail). Outre l’impact direct des pollutions sur les personnes, elle fragilise l’accès à l’eau (fermeture de captages) et pèse, d’une part, sur les finances publiques, d’autre part, sur la confiance de la population dans l’eau potable.

La suite :

https://www.igas.gouv.fr/depollution-de-leau-potable-strategies-et-pistes-de-financement

 

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2 août 1914 – 2 août 2026 : quand l’État déclare l’urgence… pour contrôler le narratif

2 Août 2026, 17:43pm

2 août 1914 – 2 août 2026 : quand l’État déclare l’urgence… pour contrôler le narratif

2 août 1914 – 2 août 2026 : quand l’État déclare l’urgence… pour contrôler le narratif

Xavier Azalbert, France-Soir Publié le 02 août 2026 - 17:30

 

Le 2 août 1914, les affiches de mobilisation générale fleurissent sur tous les murs de France. Le tocsin sonne. Les hommes partent. Ce même dimanche, à midi, le Conseil des ministres se réunit à l’Élysée sous la présidence de Raymond Poincaré. Les Chambres sont ajournées. Sur le rapport du ministre de la Guerre Adolphe Messimy, et conformément à la loi du 3 avril 1878 (qui autorise le président de la République, sur avis du Conseil, à proclamer l’état de siège en cas de péril imminent résultant d’une guerre étrangère lorsque le Parlement n’est pas réuni), Poincaré signe le décret. Les 86 départements français, le territoire de Belfort et les trois départements d’Algérie sont déclarés en état de siège.

Le contexte est explosif. Le 28 juillet, l’Autriche-Hongrie a déclaré la guerre à la Serbie. Le 29, la Russie ordonne une mobilisation partielle contre l’Autriche-Hongrie. Le 30 juillet, le tsar Nicolas II, après hésitation, signe le décret de mobilisation générale de l’armée et de la flotte russes, qui doit commencer le 31. L’Allemagne, face à cette montée en puissance russe, proclame le 31 juillet l’« état de danger de guerre » et lance un ultimatum exigeant l’arrêt immédiat de la mobilisation russe. Le 1er août, Berlin déclare la guerre à la Russie et ordonne sa propre mobilisation (premier jour : 2 août). La France, alliée de la Russie, décrète à son tour la mobilisation générale le 1er août. C’est dans ce climat de bascule généralisée que le décret français du 2 août tombe. Motif officiel : concentrer tous les pouvoirs entre les mains de l’autorité militaire sur la zone frontière et l’ensemble du territoire national, pour faire face à la menace d’invasion. Ce décret suspend immédiatement la liberté de la presse. L’autorité militaire peut désormais interdire toute publication jugée de nature à exciter le désordre ou à renseigner l’ennemi. Le lendemain, un bureau de la presse est créé au ministère de la Guerre. Le 5 août, une loi confirme et étend l’état de siège pour toute la durée de la guerre, et une autre réprime les « indiscrétions de la presse ». Cinq mille censeurs se mettent au travail. Tout ce qui pourrait « exercer une influence fâcheuse sur l’esprit de l’armée et des populations » est rayé, blanchi, interdit. Le bourrage de crâne commence. La vérité devient une question de sécurité nationale.

La suite :

www.francesoir.fr/opinions-editos/2-aout-1914-2-aout-2026-quand-l-etat-declare-l-urgence-pour-controler-le-narratif

 

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